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La Seata toujours paralysée



La Seata toujours paralysée
Entre intérêts personnels, dépassements et droits légitimes, les travailleurs accusent la direction et le syndicat de brader leurs droits professionnels.Les travailleurs de la Société de l'eau et de l'assainissement de la wilaya d'El Tarf et Annaba (Seata), toutes unités confondues, ont engagé jeudi dernier une grève illimitée pour revendiquer leurs droits professionnels, mais surtout pour dénoncer les dépassements de la direction. Rassemblés au niveau de l'enceinte de l'unité de la cité Champ de Mars à Annaba, les contestataires brandissaient des banderoles avec le contenu de leurs revendications, dont «départ du directeur général par intérim» «basta à la hogra», entre autres points revendiqués par les contestataires. Apostrophés sur les lieux de la grève, les travailleurs ont dénoncé la «mahsoubia» du directeur qui, selon leurs propos, adopte la politique du favoritisme, notamment en ce qui concerne les promotions et le recrutement. «Nous avons entre 18 et 31 ans de service dans cette société et nous stagnons depuis, au même niveau, alors que de nouvelles recrues et des sans niveaux ont été promus», ont crié les contestataires.Dans les coulisses, ça parle de promotions à la pelle. Allant de la promotion des deux filles du directeur par intérim au niveau 3, jusqu'au chauffeur en passant par le fontenier, pour lequel les promotions ne semblent pas illégales. Mais, elles le sont quand il s'agit des employés ouvrant droit par la force de ces mêmes textes de loi. C'est pourquoi les contestataires revendiquent l'application de la convention collective n° 01/2013 du 7 janvier 2013.Selon une source proche du conflit, au motif de ce bras de fer entre les travailleurs et la direction générale de la Seata, la signature de 80 promotions, dont la plupart des bénéficiaires sont des syndicalistes. Selon la même source «se sachant partants au mois de juin de l'année en cours, certains membres du bureau syndical tentent de décrocher des promotions qui seraient illégales. Les précisions apportées par les soins de nos sources font état de manipulations.«Après avoir obtenu leurs promotions, le bureau syndical, pour détourner le regard des travailleurs, a appelé à la grève après s'être réuni mercredi dernier, pour débattre du droit à la promotion du niveau 2, que la direction aurait demandé de temporiser. Une manière selon notre source, de se racheter. Toutefois, il est à noter que, même les représentants syndicaux seraient indésirables et auraient été imposés aux travailleurs par les rapports d'influence, vu que le SG de la Seata n'est autre que le fils du SG de l'Union de wilaya des travailleurs algériens.Une vérité qui ajoute un plus aux dépassements qu'endurent les travailleurs de cette société, mais surtout à l'origine de moult dépassements et agissement touchant les droits du personnel de l'ensemble des structures de la Seata: eau potable, assainissement, commercial, exploitation, gardiennage. D'où, l'autre revendication des employés, la dissolution du bureau syndical.Par ailleurs, on apprend que les employés de la même société, à savoir ceux de la wilaya d'El Tarf, devront rejoindre aujourd'hui, dimanche le mouvement de grève pour les mêmes revendications, du moins pour certains. Dans la foulée, il est fait aussi état de marchés douteux à la station Meksa et à l'agence commerciale de Rizi Amor. Les grévistes ont aussi soulevé le point des oeuvres sociales qui ne reçoivent même pas la quote-part sur les cotisations des travailleurs. La grogne est aussi alimentée par les mauvaises conditions de travail inhumaines tant pour les agents des stations, où l'éclairage et l'insécurité font défaut au même titre que l'équipement de travail, aussi bien dans le centre de paiement où l'absence des sanitaires et de chauffage pénalisent le personnel.Démentant toutes les accusations et éclaircissements apportés par le directeur par intérim quant à la situation prévalant ont fait état d'une manipulation par le syndicat de la société. Selon notre interlocuteur, la promotion de ses deux filles se base sur leur ancienneté de 6 et 7 ans dans leurs postes renforcée par leur diplôme Master. Quant à la signature de la promotion de 80 employés. Nous n'avons signé que pour 40, la liste est toujours à l'étude, dira le directeur. «Pour ce qui est du niveau 2, la situation financière n'est pas en mesure d'assumer des rappels, du moins pour l'instant», devait ajouter le directeur par intérim. Clarifiant la situation de la société, l'homme a mis en avant, outre les 51 milliards de centimes débloqués par l'Etat pour le paiement des dettes de Sonelgaz et l'achat des produits de traitement d'eau. Les créances de la direction estimées selon lui à 200 milliards de centimes. Des facteurs qui seraient à l'origine de la crise de la Seata.Pour l'heure, seul le service minimum est assuré, car les grévistes sont déterminés à aller jusqu'à la satisfaction de leurs doléances, y compris notamment le départ du directeur général par intérim, l'annulation de toutes les promotions, la dissolution du bureau syndical et l'ouverture d'une enquête. Faute de quoi, le débrayage sera maintenu jusqu'à nouvel ordre.Ainsi, interpellant leur tutelle, les travailleurs de la Seata, mettent en garde contre les risques de l'impact disproportionné de cette grève illimitée. Au moment où nous mettons sous presse, une plainte en référé vient d'être actionnée contre le bureau syndical, près le tribunal administratif de Annaba.Plaidant l'illégalité du débrayage, la direction générale de la Seata accuse les syndicalistes d'être à l'origine des troubles. En attendant le verdict de la justice, la guerre des intérêts met en stand-by les droits des employés.


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