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La patate et les candidats



La patate et les candidats
Photo : M. Rahmani
De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani

A Annaba, après le passage de MM. Ouyahia, Soltani et Touati qui avaient quelque peu sorti la campagne de sa léthargie, c'est le retour à la case départ et tout est redevenu comme avant avec le traintrain habituel, cortèges, klaxons et affichages sauvages. Cependant, certains candidats, qui redoutent de se déplacer dans les quartiers populaires de crainte d'être pris à parti par les mécontents, ont dépensé ces 2 derniers jours des fortunes pour l'achat de produits alimentaires qu'ils ont fait distribuer par leurs collaborateurs dans les cités déshéritées. Ainsi, semoule, huile, tomate en conserve et' pomme de terre ont été mises gracieusement à la disposition des familles espérant ainsi entrer dans leur grâce et avoir leurs voix le jour du scrutin. Faute de pouvoir agir sur les prix ou du moins expliquer cette flambée extraordinaire et promettre une prise en charge de ce dossier qui touche de plein fouet les petites bourses, on donne, et cet altruisme intéressé ne durera certainement que le temps de la campagne. D'autres payent des jeunes pour leur faire de la propagande, en distribuant des affiches portant le numéro du candidat tout en conseillant aux électeurs : «Ce choix est le meilleur» selon eux. Les femmes sont aussi visées et c'est au salon de coiffure ou au hammam que le «matraquage» se fait. On paye le bain, on loue les vertus du candidat et on le présente déjà comme le futur élu pour frapper les esprits. Le bon vieux téléphone arabe fonctionne à merveille et l'on avance des noms de futurs députés de la wilaya. Au niveau de la multitude de permanences ouvertes par les candidats indépendants, ce sont la plupart du temps des jeunes qui sont derrière les bureaux, chansons modernes ou du terroir attirent du monde et ces locaux ne désemplissent pas, à l'image de ceux situés à Sidi Brahim, à la cité Aadl, à El Hadjar à Sidi Amar ou encore à El Bouni.C'est le travail de proximité qui prend de l'ampleur au détriment des meetings et rassemblements traditionnels qui drainaient les foules parce que ce type de campagne ne fait plus recette, les électeurs n'étant plus intéressés. Cette désaffection a amené les partis politiques à changer de stratégie de peur de ne pouvoir mobiliser un nombre assez élevé de citoyens pour faire honneur à leurs chefs ou à leurs candidats. Cela aurait pu marcher si l'argent ne s'y était pas incrusté pour fausser tous les calculs éjectant de ce fait ceux qui ne peuvent pas suivre, à l'image de ce candidat indépendant qui crie au scandale.Cependant au niveau de la commission de surveillance des élections, on déplore le manque d'intérêt des citoyens à ces élections parce que les partis politiques en lice ne s'y sont pas vraiment investis et n'ont pas réussi à mobiliser. En effet et en dehors des dépassements enregistrés -au nombre de 50, nous affirme-t-on- sur les 42 meetings programmés et après plus d'une semaine de campagne il n'y en a eu que 4, c'est dire l'incapacité de ces formations à entrer de plain-pied dans cette campagne pour convaincre un électorat blasé et qui ne croit plus en rien.On en est à distribuer des pommes de terre pour convaincre par l'estomac un esprit qu'on n'a pas pu conquérir par la force des arguments. Or des arguments, chez ces candidats, on n'en trouve pas parce que tout simplement, ils n'ont ni les compétences, ni les qualités, ni le charisme et encore moins la stature et l'envergure.


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