Annaba - A la une

La fièvre du mouton sévit à Annaba



Comme chaque année, l'approche de l'Aïd El Adha se fait déjà sentir à Annaba où les chefs de familles sont confrontés à un casse-tête que l'on peut qualifier de saignant. Pour bon nombre de pères de familles l'achat du mouton du sacrifice est loin d'être une simple sinécure, notamment pour ceux dont les revenus sont limités. Oh, combien sont-elles ces familles dont le pouvoir d'achat est au-dessous de la moyenne, pour ne pas dire, au seuil de la pauvreté. Mais que faire, il faut satisfaire le caprice de ses enfants quel que soit le prix de l'animal. Une situation qui profite du coup, aux maquignons et surtout aux revendeurs de circonstance, qui ne se font pas prier pour sauter sur l'occasion. En effet, depuis plus d'une semaine, les points de vente informels ont fait leur apparition dans différents quartiers de la ville d'Annaba, à la Colonne notamment où des garages et autres espaces sont transformés pour l'occasion en lieu de vente informelle des moutons. Un commerce qui n'a besoin que d'une somme rondelette de quelques centaines de milliers de dinars, un garage à louer pour accueillir les dizaines de bêtes, un véhicule pour les transporter et le business est monté. Ce commerce en milieu urbain s'exerce chaque année en toute impunité par des individus qui, sans égard aucun à la situation sociale des familles, ont déjà affiché la couleur. En fait, la situation reste inchangée par rapport à l'année dernière où le prix du mouton était plafonné entre les 35 000 et 100 000 DA. Une fourchette qui était loin de la portée de beaucoup de pères de famille qui ont été, l'année dernière, privés du sacrifice. Un scénario qui semble se répéter cette année, avec un mouton qui bat de l'aile. Cette situation est due d'une part, à l'absence de contrôle en amont et en aval et d'autre part, aux maquignons eux-mêmes, qui préfèrent faire affaire et éviter les aléas du souk des grandes villes, en vendant leurs troupeaux en bloc au plus offrant. Du coup, ce filon d'or, à l'origine d'un créneau lucratif, profite surtout aux revendeurs informels plutôt qu'aux maquignons spécialisés. Signalons que, jusqu'à la mise sous presse, ces derniers n'ont pas encore fait leur apparition à Annaba, contrairement aux années précédentes, y compris l'année de pleine pandémie du coronavirus. Notons qu'en pareille occasion et situation, Annaba a eu son triangle de maquignons du week-end, situé entre Kherraza, d'Oued Zied, Hadjar-eddis, relevant des communes d'El-Bouni et Oued Aneb. Mais que faire, devant une insolence mercantiliste qui défie toutes les lois de la République, en imposant un diktat hors pair'. C'est dire que ce trabendisme occasionnel, limité dans le temps, est devenu une pratique courante qui a fini par se généraliser dans le milieu urbain surtout. Et dans tout cela, le dindon de la farce demeure le pauvre citoyen, qui sera plumé malgré lui avec «art et doigté». Puisque, comptant sur le facteur temps, les chefs de familles sont contraints d'acheter la bête du sacrifice dans les points de vente informels ou à aller chercher le mouton dans les marchés aux bestiaux réguliers d'autres wilayas comme Guelma et El tarf où les prix leur reviendraient plus chers. Ainsi, l'Aïd El-Kébir est, chaque année, à Annaba, synonyme de fièvre du mouton qu'alimentent ces parasites à l'origine de la flambée du prix du mouton du sacrifice. En attendant une réaction des responsables des divers secteurs, en rapport avec la situation, la course au mouton est bel et bien lancée à Annaba, où le prix reste hors de portée des petites et moyennes bourses.
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