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La direction change de tactique



La direction change de tactique
Le contenu du dernier numéro du journal Info Usine édité par ArcelorMittal Annaba confirme toutes les informations contenues dans un de nos précédents numéros portant sur «ArcelorMittal ? Le pourrissement ». Il s'agit d'un changement de tactique de l'employeur.Telle est en tout cas l'interprétation à accorder à la teneur de ce journal. S'adressant à ses salariés, particulièrement ceux en poste dans ses deux filiales ArcelorMittal Annaba (AMA) et ArcelorMittal Pipes and Tubes Annaba (AMPTA), la direction générale semble vouloir donner du mou à son intransigeance face aux reproches qu'ils lui ont été adressés. C'est que la grève perlée à laquelle ont souscrit la majorité des cadres et agents a fait son effet. Elle a eu pour conséquence un ralentissement des activités des ateliers et une baisse inégalée de la production depuis l'avènement du complexe sidérurgique en Algérie. Ce qui explique le pourquoi du changement radical de management et de système de communication avec les salariés. Cependant, le but est toujours le même, l'augmentation des profits à court terme. D'autres facteurs sont venus s'y ajouter à l'exemple de l'opération de compression des effectifs déguisée sous la forme de départs volontaires à la retraite. Là également, la direction générale a joué sur le fil du rasoir en s'engageant à verser une prime de 7 000 DA en sus de l'indemnité à tout candidat au départ volontaire. C'est apparemment l'inverse qui s'est produit avec la réduction de presque le tiers de cette indemnité à 125 agents, l'omission pour un prétendu problème de logiciel de 40 autres et des difficultés financières à l'origine de la volonté de la société de dégraisser ses ressources humaines. Plusieurs manifestations des salariés porteuses d'un message politique et social se sont récemment soldées par des sanctions dissuasives. Ainsi, pour avoir osé défendre la liberté d'expression, deux syndicalistes sont suspendus de leurs fonctions depuis des mois. La violence de la démarche est légalisée au nom de la relance de la production. Face à cette réalité, le ministère de l'Industrie ne fait pas grand-chose, obnubilé qu'il est par la relance de la production, la réussite du plan de réhabilitation prévu pour être lancé en septembre 201 et l'exécution du plan de développement, tant et si bien que le groupe ArcelorMittal leader mondial de l'acier bénéficie en Algérie d'une importante couverture financière. Il importe des produits finis sous étiquette de matière première (billettes, brames...,) génère et importe des milliards de bénéfice exonérés d'impôt. Pour contrecarrer toute velléité d'opposition des salariés soumis à la dégradation de leur situation socioprofessionnelle, le gouvernement répond par une volonté de défendre ArcelorMittal et la volonté de ce dernier à poursuivre le pillage du Trésor public algérien. Il ne peut en être autrement au rythme des importations et du projet du partenaire étranger de mettre au rebut de nombreuses installations de production comme le Haut Fourneau n°2, celui n°1 étant depuis des années à l'état de ferraille, la cokerie... «La situation de l'entreprise demeure ainsi délicate» affirme le directeur général ajoutant sur sa lancée que : «les indicateurs financiers de la société sont en deçà des attentes, compte tenu du niveau des activités de l'usine» que reste-t-il donc des engagements exprimés à la signature du contrat de partenariat en septembre 2001 du patron du groupe leader mondial de l'acier à développer la sidérurgie en Algérie sans supprimer les postes de travail ' Au-delà de cet aspect, on constate un retour à une volonté de cadenasser la réaction des salariés aux différentes politiques et de les réduire à une simple protestation verbale, enlevant ainsi à ces mêmes salariés les moyens d'utiliser leurs droits à la contestation effective via leur conseil syndical. Pollué par la vénalité de la majorité de ses représentants, ce syndicat obéit au doigt et à l'?il au patron de la centrale syndicale UGTA qui impose aux travailleurs de se soumettre à toutes les orientations de leur employeur, y compris celle de réduire à l'état de ferraille leur outil de travail. Ce faisant, c'est le droit fondamental de contestation du système économique actuel qui est mis en cause.


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