Annaba - Revue de Presse

La carte sociale : Des indicateurs inquiétants



Certains bidonvilles n?ont ni réseau d?AEP, ni celui d?assainissement, ni installation électrique, exposant ainsi leurs habitants à tous les risques de maladies et à des difficultés de toutes sortes. Une lecture en diagonale de la carte sociale de la wilaya fait ressortir un certain nombre d?indicateurs qui n?incite guère à l?optimisme. La wilaya compte près de 63 000 chômeurs sur une population totale de quelque 1 300 000 habitants. Le gros des chômeurs est localisé dans les communes de Annaba, Sidi Amar, Aïn Berda et El Hadjar, où il a été recensé plus de 47 000 chômeurs. Annaba vient en tête avec près de 16 000 chômeurs, suivie de Aïn Berda avec 10 444, puis d?El Hadjar avec 6 650. Il faut souligner, dans ce contexte, que ces communes regroupent, avec El Bouni, l?essentiel de la population de la wilaya. Ceci pour dire que le chômage est un fléau qui ronge l?ensemble des communes, lesquelles ont du mal à répondre à la demande d?emploi, à cause de l?insuffisance des moyens financiers en leur possession et de l?absence d?une vision futuriste du développement local. Comment peut-on résorber le chômage, lorsque les activités durables et rentables font cruellement défaut ? Les jeunes sans emploi passent leur temps à attendre un hypothèque poste de travail dès le démarrage d?un chantier ou une opération sporadique de recrutement dans telle ou telle entreprise pour booster les effectifs d?agents. Les habitations précaires représentent également une préoccupation fondamentale. Plus de 15 000 baraques ont été recensées en 2007. Certaines statistiques officieuses avancent le chiffre de 20 000. Toujours est-il qu?il y a des citoyens qui logent dans des conditions difficiles et sont contraints de s?adapter aux aléas climatiques, comme le froid de l?hiver et la canicule de l?été. Beaucoup d?entre eux n?ont même pas les moyens de verser leurs contributions financières s?ils venaient à bénéficier du logement rural. Certains bidonvilles n?ont ni réseau d?AEP, ni celui d?assainissement, ni installation électrique, exposant ainsi leurs habitants à tous les risques de maladies et à des difficultés de toutes sortes. Le divorce est aussi un problème qui n?est pas des moindres, avec ses conséquences dramatiques sur la cohésion sociale. En effet, la wilaya compte près de 12 000 femmes divorcées, dont la majorité est sans revenu. Près de 11 000 d?entre elles ont été recensées dans la ville de Annaba. La paupérisation, autre indicateur de l?état du développement, gagne du terrain et s?empare de larges pans de la population. Il a été dénombré, jusqu?à présent, plus de 42 000 familles nécessiteuses, dont plus 20 000 ont été recensées au niveau de la ville de Annaba. Il faut ajouter à cela plus de 74 000 personnes ne bénéficiant pas d?une couverture sociale, et près de 27 000 enfants nécessiteux. Tous ces indicateurs militent pour la mise en place d?une véritable politique sociale à même de prendre en charge les besoins des démunis. Certes, l?Etat continue de consentir des efforts en direction des catégories sociales défavorisées, mais cela reste insuffisant, compte tenu de la demande sociale, de plus en plus croissante. Le meilleur remède à utiliser pour arriver à l?amélioration des conditions sociales des populations demeure la relance de l?investissement productif d?envergure.
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