L'usine tuberie du complexe ArcelorMittal d'Annaba, à l'arrêt depuis 18 mois par manque de commande, pourrait être fermée dès la fin du mois prochain, comme a prévenu la direction de l'entreprise. Sonatrach, principal «client» de cette unité, boude désormais ses produits, engendrant une perte sèche pour l'entreprise. Tout en faisant valoir la circulaire du Premier ministre de 2008 privilégiant la production nationale, les travailleurs interpellent vivement le ministre de l'Industrie, ils accusent ouvertement la Société nationale des hydrocarbures (Sonatrach) de «délaisser la production au profit de traders étrangers». Le syndicat d'entreprise a entrepris un travail de lobbying auprès de Sonatrach, sans succès, selon Smail Kouadria, président du syndicat d'entreprise d'ArcelorMittal. «Sonatrach est en train de s'approvisionner en tubes en acier par l'intermédiaire de traders étrangers, au détriment de la production nationale», dénonce le syndicaliste rencontré jeudi en marge des Assises nationales sur la société civile organisées par le Cnes (Conseil national économique et social), qui ont eu lieu au Palais des Nations. Entres autres démarches entreprises par les travailleurs, une Assemblée générale organisée avec le syndicat d'Anabib, à l'issue de laquelle ils ont saisi le SG de l'Ugta, Abdelmadjid Sidi-Saïd, qui a transmis un écrit officiel à l'adresse du ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements, dans le but de protéger la production nationale. «Depuis l'arrêt de l'unité tuberie, ce sont 460 employés qui sont en arrêt technique. La direction d'ArcelorMittal a prévenu que si cette situation perdure, l'unité sera fermée fin janvier 2012», s'inquiète M. Kouadria, qualifiant l'attitude de Sonatrach d'«incompréhensible» et «injustifiée». Il met en valeur la probité et la fiabilité des produits fabriqués par l'unité tuberie d'El Hadjar, «la seule en Algérie et au Maghreb». Mieux, depuis sa mise en service, ladite unité a placé 15 000 km de tubes à travers le territoire national, et a obtenu quatre certifications (2 certifications ISO, 1 certificat US ABI), pour la qualité de ses produits répondant aux standards internationaux. Faisant le procès de Sonatrach, Smail Kouadria affirme que durant l'exercice 2009/2010, la société nationale des hydrocarbures a, à elle seule, acheté pour 731 millions de dollars à travers des intermédiaires et autres traders, et non chez des fabricants de tubes. Les travailleurs sont persuadés qu'il y a anguille sous roche. «Là où il y a des intermédiaires, il y a la mauvaise gestion. J'irai plus loin en disant qu'il peut y avoir même des commissions», affirme M. Kouadria en assurant que l'Ugta soutient la démarche des travailleurs du complexe d'El Hadjar. A cet effet, notre interlocuteur indique que la lettre envoyée par Sidi-Saïd à Mohamed Benmeradi, ministre de l'Industrie, comporte un rappel de la circulaire datée de 2008 et signée par Ahmed Ouyahia, Premier ministre, où il est fait obligation aux entreprises algériennes de faire leurs approvisionnements en produits algériens. Dans le même contexte, le syndicaliste du complexe d'ArcelorMittal s'en prend au ministre de l'Industrie auquel il reproche d'avoir failli à sa promesse faite aux travailleurs en mai 2011. M. Benmeradi s'était, alors, engagé à régler le problème de la tuberie dans un délai de trois mois.
Y. D.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Younès Djama
Source : www.latribune-online.com