Annaba - Revue de Presse

L'irrésistible appel du large



Dans la course au titre, ce sont les harraga qui ont pris de l'avance cette semaine, dépassant les deux autres catégories en compétition, les morts par accident de voiture et les morts par attaque terroriste résiduelle. 165 harraga ont été enregistrés ces derniers jours et les plus à plaindre sont peut-être les garde-côtes. Car il y a la côte, mais il y a surtout ceux qui la gardent, les garde-côtes. A l'origine, ceux-ci ne sont pas fait pour empêcher les gens de quitter la côte, mais au contraire pour empêcher les gens d'y accoster. Avec les nouvelles lois, les garde-côtes doivent non seulement traquer les harraga mais les arrêter, les héberger, les surveiller, enregistrer toute la nuit leur déposition pour ensuite les emmener au tribunal, pour un délit qui, au fond, n'en est pas un.Fait saillant, dans la centaine de harraga qui a été interceptée du côté de Annaba et mise en détention dans la caserne des garde-côtes en attendant d'être déférés au tribunal, une vingtaine d'entre eux a réussi à s'échapper mais ont été rattrapés pour la plupart. Cette double tentative d'évasion devrait poser un problème au juge chargé de les condamner ; comment juger un Algérien de 20 ans qui tente de s'échapper d'Algérie par la mer et par ses propres moyens, se fait attraper par des garde-côtes pour s'échapper de la caserne des garde-côtes et être de nouveau rattrapé ' Cette irrésistible appel du large appelle des réponses qui ne devraient pas être uniquement du ressort de la justice. Et ce n'est bien sûr pas Belkhadem, conseiller spécial du président, qui va régler le problème, lui qui dans le cas de l'échec social, pointe du doigt les francophones, et dans le cas de l'échec sécuritaire, pointe du doigt la main de l'étranger. Même si pointer du doigt une main n'a pas l'air du bon français, rappelons-lui que les poissons ne parlent aucune langue.
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