Annaba - A la une

L'importation pour combler le déficit



Afin de résoudre le problème d'approvisionnement en matières premières, le complexe sidérurgique d'El-Hadjar (Annaba) sera autorisé à importer de l'acier brut, selon le ministre de l'Industrie, Ferhat Aït Ali Braham. Dans un entretien accordé à la revue mensuelle Echaab économique paru dimanche, le ministre a ajouté que ces importations se feront en cas de production locale déficitaire. Selon lui, le problème principal auquel fait face le complexe d'El-Hadjar est l'approvisionnement en matières premières, rappelant que la solution de ce problème ne dépend pas du complexe car la mission de ce dernier réside dans la transformation des métaux bruts provenant des mines d'Ouenza et de Boukhadra (Tébessa) qui n'arrivent pas à satisfaire les besoins.Pour Ferhat Aït Ali, le complexe poursuivra l'acquisition de l'acier brut local de ces deux mines, mais il pourrait recourir à l'importation pour atteindre son autosuffisance. Pour rappel, le complexe sidérurgique d'El-Hadjar a traversé, durant plusieurs années, des zones de turbulences mettant en jeu sa survie même, notamment à travers les suspensions répétées de ses activités, en partie en raison de l'épuisement du stock de fer brut.
Par ailleurs, le complexe a bénéficié de plans de réhabilitation en 2013, 2016 et le dernier en 2018. Des centaines de milliards ont été dépensés à cet effet. Le dernier en date (2018) avait permis, dans sa première phase, de rénover le haut-fourneau n°2. La seconde phase avait pour but de porter la capacité de production à 1,1 million de tonnes d'acier par la création d'une cokerie, afin d'assurer l'autonomie du complexe en consommation de coke et réduire la facture d'importation. Malheureusement, ni la production n'a atteint les objectifs fixés ni la cokerie n'a été réalisée. Plaçant l'industrie au centre du nouveau plan de relance économique, les pouvoirs publics tentent de redynamiser ce "fleuron de l'industrie nationale".
Dans le nouveau plan de développement d'El-Hadjar, il est prévu notamment la diversification de ses produits, notamment ceux dits plats, la réhabilitation de l'unité d'étamage et de galvanisation pouvant fournir de la tôle aux industries spécialisées, aux constructeurs d'automobile et d'électroménager. Mais pour ce faire, l'approvisionnement en matière première est capital. Et c'est à ce titre que le ministre a évoqué l'importation des matières premières pour, justement, couvrir les besoins du complexe dont la capacité de production et de transformation s'élève à 4 millions de tonnes/an. "Cette opération est tout à fait normale pour tout complexe industriel à caractère commercial et lucratif", a expliqué le ministre relevant que le coût de l'acier brut qui "n'est pas cher oscille entre 60 et 80 dollars la tonne, tandis que le prix de l'acier transformé s'élève à 390/400 dollars la tonne".
"Si nous avions permis au complexe de s'approvisionner, dès le début en matières brutes, nous aurions économisé des montants importants en devise au lieu d'autoriser d'autres complexes à importer des matières semi-industrielles que le complexe d'El-Hadjar est en mesure de transformer lui-même", a-t-il précisé.
Saïd Smati
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