D'un côté, une rencontre est annoncée cette semaine entre le gouvernement et la direction d'ArcelorMittal Annaba en vue de négocier une éventuelle reprise du complexe sidérurgique d'El Hadjar par l'Etat algérien. On a même évoqué de fortes chances pour cette reprise conformément à la règle 49/51% régissant l'investissement étranger en Algérie. Et voilà qu'après la satisfaction affichée du côté des travailleurs et syndicalistes, la direction générale du complexe d'El Hadjar vient apporter un démenti catégorique à cette information écartant de facto une telle éventualité. Et infirmant par la même occasion l'élaboration d'un plan de reprise. Le démenti n'est pas venu uniquement d'Annaba, il se base sur une déclaration du vice-président du groupe pour l'Afrique du Nord.
Mais du côté du gouvernement, c'est le blackout total autour de ce dossier. Aucune déclaration officielle n'est venue du ministère de l'Industrie sur cette question, laissant le champ libre aux rumeurs, aux interrogations et aux fausses interprétations. Ce n'est pas la première fois que le gouvernement s'abstient de communiquer sur une affaire importante. Le silence est la seule arme dont dispose nos ministres, alors que les éclaircissements se font attendre. Le dossier du complexe d'El Hadjar n'est qu'un petit exemple parmi tant d'autres. Encore une fois, la communication officielle a montré son échec, que ce soit concernant les affaires politiques, économiques ou sociales. La transparence est loin d'être l'outil phare de gestion, même si dans les discours, son importance est toujours relevée. Or, sur le terrain on continue à s'attacher aux vielles pratiques.
Même les résultats des enquêtes lancées, concernant telle ou telle affaire, ne sont pas divulgués. Quand ils le sont, ils n'apportent rien de nouveau par rapport à ce qui est déjà connu. Ce sont souvent des généralités. On garde l'essentiel ou ce qui intéresse l'opinion publique dans les tiroirs.
Quand par miracle, un ministre ou un représentant du gouvernement décide de communiquer, sur une quelconque question, il est vite rattrapé par une précision ou déclaration tout à fait différente par un autre membre du gouvernement. Cela s'est passé, pour rappel, entre le ministre des Finances et celui des Collectivités locales à propos du marché parallèle des devises. L'un avait relevé le caractère illégal d'un tel marché et l'autre avait estimé utile de laisser l'informel sévir au square Port Saïd. Les divergences sont bien là, au sein même de l'équipe gouvernementale, où la moindre information claire sur les dossiers de l'actualité sont bien gardés au chaud. Mettre fin à ces divergences et encourager la diffusion de l'information seront d'une grande utilité pour asseoir les bases d'une communication officielle. Ce ne sont pas les mécanismes qui manquent. Mais c'est plutôt la volonté.
S. I.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.latribune-online.com