
Dans les prochains jours, la wilaya de Annaba aura son directeur des transports. L'information confirmée par le ministère en charge du secteur a été bien accueillie par la population locale confrontée ces dernières années au diktat des conducteurs des taxis et des transporteurs collectifs. Il faut dire que, livré à lui-même faute d'un bon gestionnaire, le secteur a sombré dans l'anarchie.Celle-ci est injustifiable même si, interpellée par les élus de l'Assemblée populaire de wilaya lors de la dernière session, la directrice avait argumenté l'absence de... transport pour le déplacement de ses inspecteurs appelés à intervenir sur le terrain. Ce dont semble avoir pris conscience le ministre Boudjemaa Talai lors de sa visite de travail et d'inspection dans la wilaya de Annaba le 23 juin dernier. Il était déjà bien mécontent à son arrivée à la nouvelle aérogare de l'aéroport Rabah Bitat dont les travaux avaient été entamés en 2003. Douze années après, ils sont toujours inachevés malgré l'importance des moyens financiers engagés. Le mécontentement du ministre atteindra l'ire à son arrivée à la gare routière inter-wilaya du 1er mai également confrontée au même problème. Cependant, pour arriver jusqu'à décider du départ de sa directrice de la wilaya de Annaba, c'est que le constat fait par le ministre était sans appel. Et pour cause l'anarchie dans le secteur des transports à Annaba était totale. Ainsi, l'on a beau mettre sur le dos des conducteurs l'hécatombe que connaissent nos routes, la mauvaise signalisation routière ou encore sur l'état parfois désastreux des routes, il n'en demeure pas moins que la défaillance des représentants de la direction des transports sur le terrain est pour beaucoup dans cette anarchie. Tant et si bien que des taxis, bus et minibus brinquebalants et à l'état de ferraille car datant des années 1980, continuaient de sévir en toute impunité. Aux prix excessifs de la course en milieu urbain appliqués par des conducteurs de taxi sales et repoussants s'ajoute l'état poussif et la saleté qui caractérisent l'intérieur et l'extérieur de leur véhicule, La situation est similaire dans le transport collectif. Des receveurs d'une saleté corporelle à donner la nausée imposent, sous l'argument d'indisponibilité des pièces de 5 DA, le règlement de 20 DA l'itinéraire sans fournir le billet de transport. L'absence de contrôle des services de sécurité et des opérations d'audit et d'inspection des centres de visite technique automobile a stimulé la rapacité des acteurs directs des transports. Il est étonnant que depuis des années, la direction locale en charge du secteur n'ait pris aucune mesure contre les auteurs des nombreuses infractions commises dans les centres techniques de contrôle. A ce niveau, l'état des véhicules importe peu autant qu'importe l'encaissement des 1000 DA pour « un bon à circuler » attribué aux tacots. Il n'y a jamais eu de mesure de suspension à l'encontre des agents visiteurs défaillants. Comme il n'y a pas eu de retrait de la licence de transport des taxis transformés en coureurs des grand prix automobiles. Ce sont ces aspects que le ministre des Transports a pu relever au fil des étapes de sa visite dans la wilaya d'Annaba. C'est également la résultante des contacts qu'il a entrepris avec quelques principaux acteurs. Il semble que c'est à partir de là qu'il a décidé du départ, aux motifs de défaillance et incompétence, de la responsable locale du secteur et de la relève de ses fonctions pour les mêmes motifs du directeur de l'Entreprise de gestion des services aéronautiques (Egsa) Annaba. Il reste néanmoins que sa décision d'interdire l'utilisation du parc à conteneurs est largement discutable. Non seulement, cette interdiction n'a rien changé à l'image de l'entrée de Annaba, elle est aussi la cause de l'importante baisse du chiffre d'affaires de l'EPEA, de la mise au chômage de plusieurs centaines de travailleurs et la prolongation du temps de déchargement des navires du fait de l'éloignement du site d'entreposage des conteneurs avec cela sous entend comme frais supplémentaires à engager. C'est dire que cette tendance du ministre à vouloir mettre fin à l'anarchie dans son secteur à Annaba, ne pourrait atteindre son objectif que si elle est suivie de la multiplication des opérations de contrôle. Celles-ci permettront, sans nul doute, d'améliorer les indicateurs de la sécurité routière et de là, réduire le nombre des victimes d'accidents de la circulation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com