Photo : Riad
Par Amar Rafa
L'Algérie et la Tunisie ont réaffirmé, hier, leur volonté commune de sécuriser les frontières communes, d'actualiser l'«accord d'établissement» de 1963, et de faire des relations bilatérales un exemple de la coopération pour les autres pays maghrébins et arabes, annonçant, dans ce cadre, la tenue de rencontres bilatérales de haut niveau, notamment des ministres de la Défense et de l'Intérieur, et des walis des deux pays, avant la fin de l'année. Le ministre des Affaires étrangères (AE), Mourad Medelci, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue tunisien, Rafik Abdeslam, a souligné la volonté politique entre les Présidents des deux pays de «porter à leur plus haut niveau» les relations bilatérales, à travers «un accord responsable basé sur une vision pragmatique et positive pour aborder les problèmes et d'ouvrir le champ à leur règlement». la sécurité et la stabilité régionale au Maghreb et au Sahel, figurent au titre de première priorité définie par les deux pays, en ce sens que les dangers, en nette progression dans cette région, incitent à plus de coopération entre les deux pays, a indiqué M. Medelci, qui a souligné la nécessité de «hisser au plus haut niveau» la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et la sécurisation des frontières de tous les dangers, notamment le trafic d'armes, de drogue, de marchandises et de devises, afin d'éviter qu'elles versent dans l'alimentation du terrorisme. Medelci, qui a fait état d'une volonté commune de mettre en place de nouveaux mécanismes à un haut niveau, notamment des ministres de la Défense et de l'Intérieur, a précisé que des visites de responsables des deux secteurs auront lieu prochainement, pour préparer une réunion des walis des régions frontalières des deux pays avant la fin de l'année 2012. Il est attendu de cette réunion de mettre en place de nouveaux mécanismes pour «sécuriser et développer les frontières communes». Les questions consulaires, notamment l'amélioration de la situation de la communauté algérienne établie en Tunisie et des ressortissants tunisiens en Algérie, viennent au deuxième rang des priorités bilatérales algéro-tunisiennes. Le ministre des AE, a indiqué, que les deux pays se sont entendus pour donner un cachet définitif à «l'accord d'établissement» de 1963, qu'il convient de renouveler, sur la base des travaux d'une réunion qui aura lieu dans les prochaines semaines entre les équipes de négociateurs des deux pays, pour la signature du projet de réactualisation de «l'accord d'établissement».
Sur le chapitre du développement global, les deux pays se sont mis d'accord pour encourager la recherche dans le domaine des hydrocarbures, l'interconnexion en électricité et gaz, et travailler dans des projets communs en matière d'énergies renouvelables. Les deux pays ont convenu également de tenir une réunion des hommes d'affaires de deux pays, à Annaba avant la fin de l'année. En outre, l'Algérie s'est engagée à faciliter l'octroi de visas aux opérateurs économiques tunisiens et de leur permettre d'investir dans le cadre du plan quinquennal de développement 2010-2014. Enfin sur le chapitre de la coopération étrangère, les deux pays sont «tombés d'accord sur la nécessité de faire face, ensemble, à tous les problèmes et défis», comme le soulignera le ministre des Affaires étrangères tunisien dans son intervention devant la presse, en citant la crise malienne qui constitue «une préoccupation commune pour les deux pays, en raison, des défis de sécurité et surtout des menaces qui pèsent sur la paix dans la région», a-t-il expliqué. «Nous avons échangé des renseignements pour faire face à tous les dangers émanant de groupes criminels, notamment les groupes terroristes qui menacent la sécurité et la stabilité dans nos deux pays et dans la région», a-t-il ajouté, réaffirmant la volonté de poursuivre les consultations politiques. Globalement, les consultations politiques entre les responsables des deux pays, ont démontré un «grand rapprochement», presque à l'identiques, des positions autour des questions régionales et internationales d'intérêt commun abordées, a-t-il affirmé, en mettant l'accent sur des relations bilatérales «exceptionnelles», basées sur des «liens historiques» et «des sacrifices communs». Le ministre tunisien a indiqué, en outre, que les deux pays entretiennent les «meilleurs rapports». Ayant accompagné son Premier ministre durant sa visite de travail en Algérie, M. Abdesslam, a insisté sur les mesures pratiques pour le développement des régions frontalières entre les deux pays, et la lutte contre le trafic d'armes, indiquant qu'il ne s'agit pas de «recommencer à zéro» le travail qui a été fait dans ce sens , mais de poursuivre le travail de la commission de suivi au niveau des experts. Cela étant, «il ya une vision et un programme communs qui nécessitent d'être détaillés». Les deux pays ont convenu d'engager une coopération «plus soutenue» dans les domaines de l'énergie, du transport maritime, aérien, terrestre et ferroviaire ainsi que des infrastructures. «Nous avons pris des décisions courageuses dans le domaine consulaire pour régler certains problèmes en suspens concernant la communauté algérienne établie en Tunisie et les ressortissants tunisiens en Algérie», a-t-il dit, précisant que l'accord algéro-tunisien d' «établissement» de 1963 devrait être «actualisé». S'agissant du prochain sommet de l'Union du Maghreb arabe (UMA), prévu en Tunisie, il a indiqué que «nous sommes en concertation avec la partie algérienne, ainsi qu'avec les autres pays membres, pour étudier les différents aspects liés à l'ordre du jour de ce sommet».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A R
Source : www.latribune-online.com