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L'alerte de Ali Boukrami



L'alerte de Ali Boukrami
«La finance dans tous ses états» : le Pr Ali Boukrami, ancien secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Prospective et de la Statistique chargé de la Statistique, le dit. Et il est bien placé pour savoir que le fait s'applique bien à la situation dans notre pays. C'est ce qu'il a magistralement développé lors de la conférence-débat que qu'il a animée.Mercredi dernier, à l'Ecole préparatoire des sciences économiques, commerciales et sciences de gestion de Annaba que dirige le Pr Mahfoud Benosmane, durant plus de 3 heures, Ali Boukrami a partagé ses chiffres, ses prévisions et ses constats avec les responsables de plusieurs institutions de l'Etat, des magistrats, chefs d'entreprises des secteurs public et privé, des enseignants universitaires et des étudiants. C'est que l'homme, maîtrisant parfaitement son sujet, a l'avantage sur les politiques de parler vrai. Il a fait une présentation dynamique de la situation, avec des arguments solides pour s'éloigner des fausses vérités et des appréhensions. De l'avis de nombreux participants à cette conférence, le thème de la conférence est une sérieuse alerte à l'adresse des décideurs. «La situation d'incertitudes financières que nous vivons actuellement doit amener les décideurs a misé impérativement sur l'investissement, recherché les innovations dans tous les domaines, resté constamment en éveil, réinventé d'autres pratiques de gestion et visé de nouveaux marchés», a affirmé un chef d'entreprise. Pour d'autres, notamment les enseignants en économie, il s'agirait de sortir d'un budget qui repose exclusivement sur le pétrole, de soutenir et même privilégier les entreprises qui innovent et ont un potentiel de rayonnement à l'international et de favoriser les investissements productifs y compris dans le milieu agroalimentaire. «Pour accompagner la thérapie de choc, les entreprises doivent également adopter des stratégies anticrises. Des niches, portées par des efforts de communication sur ce savoir-faire, tout en misant sur une stratégie de recherche et de développement avec pour cible une croissance à l'international», tout est dit dans cette affirmation d'un des animateurs de la Chambre de commerce et d'industrie Seybouse. Après avoir réussi à dynamiser le secteur du commerce, les activités de cette institution sont en veilleuse depuis des mois. Il s'agit de la conséquence de la mise sous mandat de dépôt de son président pour des faits qui restent à vérifier. Lors de cette conférence, il a été également question d'incertitudes et de nouvelles tendances de l'économie mondiale «...ayant contribué à remettre en cause l'orthodoxie financière, les analyses traditionnelles et l'abandon définitif de la règle de Taylor si chère aux banques centrales et la Policy mix. Ces tendances qui avaient fait consensus, il y a quelques années, se trouvent être dépassées par les récessions successives», a affirmé Boukrami. Il a, par ailleurs, estimé que la croissance demeure l'enjeu majeur et que ce défi n'est pas sans engendrer une probable restructuration sans pour autant préjuger des modalités de mise en ?uvre. Dans le lot des participants à la conférence, l'on a regretté que dans son «la finance dans tous ses états», Ali Boukrami n'ait pas abordé la question du traitement financier à la problématique du crédit de TVA. Sujet pertinent du fait qu'actuellement certaines entreprises publiques risquent, à court terme, de ne pas pouvoir honorer leurs échéances. Une situation qui pourrait mettre le Trésor dans l'obligation de s'y substituer surtout qu'une une grande partie des emprunts extérieurs des entreprises publiques est garantie par l'Etat. Des emprunts sur lesquels les auditeurs externes et les commissaires aux comptes ne cessent d'émettre des réserves quant à leur recouvrement. «Il y a également lieu de mener une réflexion sur l'opportunité d'exonérer de la TVA les investissements des EEP et de respecter le principe d'égalité entre les entreprises publiques et les entreprises privées en matière de fiscalité», remarque un enseignant de la faculté des sciences humaines de l'université Badji-Mokhtar.
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