Annaba - Revue de Presse

«Je préfère voir mon fils en prison...»



La tension était vive hier aux alentours du tribunal de Annaba, où desfamilles et proches de 39 harraga attendaient la décision du procureur de laRépublique. Ces derniers, qui ont été secourus par les gardes-côtes, devaient êtreprésentés au procureur de la République dès les premières heures de la matinée.Une grande foule était sur place et le tribunal était sous surveillancepolicière. La crainte se lisait sur de nombreux visages. «Je préfère voir mon fils en prison et vivant que d'entendre dire qu'ilest porté disparu ou trouvé mort. Je suis contente de cette situation », nous adéclaré la mère d'un des jeunes. Une autre nous a évoqué avec regret le sort dujeune surnommé «Elgat» qui a été repêché mort au port d'Annaba, la semainedernière. Et celui qui a été trouvé le même jour dans un piteux état de santéet transféré d'urgence à l'hôpital Ibn Rochd de la ville. Une malheureusesituation que d'aucuns regrettent mais qui n'effraie en rien les candidats àl'émigration clandestine. On raconte qu'à Sidi Salem, il existe destransporteurs clandestins moyennant de fortes sommes d'argent.  «Le risque est grand mais pasaussi grand que mon envie de quitter le pays. Je n'ai pas d'avenir ici. Ma vie,je la ferai là-bas outre-Méditerranée», nous a dit un jeune qui a tentévainement de sortir du pays.  «Moi, j'ai passé un mois cachésur un bateau espagnol. La faim et la soif ont eu raison de moi. Les dattesécrasées et l'eau n'avaient pas suffi, j'ai dû recourir à des sorties nocturnesde ma cachette pour aller dénicher de quoi me nourrir. Finalement, j'ai étédécouvert par l'équipage du bateau et ramené sur Alger, où j'ai purgé quelquesmois de prison», raconte celui que l'on surnomme «Zargou», qui s'est finalementrendu à l'évidence d'oublier ces malheureuses aventures sans issue. Les harraga qui devaient être présentés hier n'ont été ramenés autribunal que vers 13h30. Les familles étaient en nombre important. Finalement,le procureur de la République les a entendus puis relâchés, à la grande joiedes proches et amis. Ils sont appelés à comparaître dans les prochains jours.
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