
Vous êtes une des invités de marque du 4e Festival du théâtre national de la création féminine d'Annaba. Quel est votre sentiment 'Je suis très heureuse d'avoir pris part à ce rendez-vous incontournable du théâtre féminin. Cette initiative m'a permis de revoir d'anciens collègues et de tisser des liens avec les nouveaux comédiens. Malheureusement, on se voit de moins en moins. Je remercie au passage la commissaire de ce festival et la directrice du Théâtre régional d'Annaba qui n'est autre que Mme Sakina Mekkiou qu'on connaît sous le nom de Sonia. C'est une grande Dame qui a beaucoup donné à ce métier.Un petit coup de c?ur lors de ce festival 'A vrai dire, je n'ai pas suivi tous les spectacles. J'ai eu un petit coup de c?ur pour la comédienne Fatiha Ouarad dans la pièce « Loi 146 », mise en scène par Walid Bouchebah, produite par la coopérative « Banat Haoua » de Bejaia. Elle était impressionnante. J'ai beaucoup aimé sa prestation. Seulement, j'aurais préféré qu'elle durcisse son rôle, parce qu'elle joue le rôle d'une mère acerbe.Remonter sur scène vous manque 'Enormément. Cela fait six ans que je ne suis pas remontée sur scène. Vous savez, lorsqu'on est artiste, il nous est difficile de prendre sa retraite ou de faire une coupure. Personnellement, cela me rend malade de rester dans un coin sans rien faire et surtout être loin des planches et du public.Quel souvenir fâcheux ou heureux gardez-vous de votre expérience 'Il en existe tellement que je ne pourrais me rappeler, surtout qu'aujourd'hui j'ai perdu une partie de mes souvenirs suite à un accident que j'ai eu lors d'un tournage à Oran en 1981 avec le réalisateur Mohamed Bouamari où j'étais plongée, pendant 12 jours dans un profond coma. Je me souviens, néanmoins, de ma distribution dans un film de Youcef Chahine. J'ai joué, aux côtés de Sid-Ali Kouiret, le rôle d'une bédouine. Plusieurs comédiennes, même mes amis, m'ont carrément boudée. C'était affreux !Quel genre de rôle préférez-vous jouer 'J'aime incarner les rôles dramatiques. J'aime le comique mais j'adore exceller dans le drame. Il est très difficile de s'essayer dans ce créneau qui suscite beaucoup d'efforts. Dans le drame, on montre la souffrance d'une personne, des sortes d'appel au secours. Il m'a plusieurs fois été difficile d'en sortir immédiatement après les tournages.Comment définiriez-vous le métier de comédien 'Sans les comédiens et sans le théâtre, notre société ne pourrait plus se regarder et quand on n'est plus capable de se regarder, c'est qu'on n'est pas très loin de la disparition. C'est un métier merveilleux et terrible à la fois. Merveilleux par la joie qu'il nous procure en scène et la possibilité d'entendre une salle rire ou s'émouvoir. Car cela veut dire que le public vous aime, que la connivence est établie et que par conséquent vous n'êtes plus tout seul.Pourquoi avoir choisi le métier de comédienne 'Je suis très émotive. Je suis facilement touchée par ce qui se passe dans la vie. La comédie est pour moi plus qu'une passion, c'est une manière d'exister, de se laisser toucher, vivre et de ne pas se cacher. Ce qui me plaît dans la comédie, ce sont toutes ces émotions que l'on arrive à avoir et, avant tout, celles que l'on peut transmettre. Ce n'est pas qu'une caméra fixée sur nous ou un texte à réciter, ce sont des ressentis et des sensations qui sortent de nous, et qui permettent aux spectateurs d'entrer avec nous dans l'histoire. Cette envie d'être comédienne vient avant tout de mon envie de m'exprimer et de me laisser toucher par ce qui m'entoure.Quelles sont les qualités requises pour devenir une bonne comédienne 'Comme pour tous les métiers, il faut avoir certaines qualités. Je dirais, en premier lieu, la polyvalence car le comédien doit savoir jouer des rôles très différents pour travailler le plus souvent possible. En second lieu, de la créativité, le comédien doit faire preuve d'imagination pour donner vie aux différents personnages qu'il interprète. L'artiste doit avoir le sens de l'analyse : il est important de comprendre la psychologie du personnage pour pouvoir le rendre réel. Et surtout avoir une grande capacité de mémorisation : il faut avoir une très bonne mémoire et une bonne technique de travail pour être capable de retenir de longs textes.Aujourd'hui, pour devenir comédien professionnel, certains critiques exigent des formations. Qu'en pensez-vous 'Certains grands comédiens ou acteurs sont des autodidactes et ne sont pas passés par une école. Ils ont fait leurs premières armes sur les planches, dans des troupes amateurs puis en poussant la porte des castings ou en allant à la rencontre de metteurs en scène ou de réalisateurs. Rien ne vous oblige donc à passer par une formation. Cependant, il est important, dans ce métier, d'effectuer des formations, de manière à perfectionner son niveau.Que pensez-vous du niveau de la jeune génération 'Il existe de bons et de moins bons comédiens. Dans ce métier, il ne suffit pas d'ânonner son texte comme une récitation. Je pense qu'il faut aimer ce qu'on fait, parce que dans ce métier, on ne peut pas être hypocrite. Il faut être entier.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S S
Source : www.horizons-dz.com