1200 postes de travail bloqués
Depuis plusieurs semaines, une opportunité réelle de relancer l?économie locale et régionale et de créer 1200 postes de travail en amont et en aval est bloquée à Annaba. Opportunité matérialisée par la présence dans cette wilaya de M. Montezi, directeur général de la société indienne Electrostell, un des leaders mondiaux de la production des conduites d?eau potable. Intéressé par l?implantation d?une unité de production de ce type de matériau à Annaba, le représentant d?Electrostell, déjà implantée au sud du pays, avait multiplié les contacts et les démarches auprès de plusieurs ministères préalablement à son déplacement sur Annaba. Il avait discuté des opportunités offertes aux plans économique et social par son projet. Ce qui lui a valu de nombreux encouragements et même des contre-propositions pour réaliser son projet dans d?autres wilayas que Annaba. Outre les postes de travail, la suppression des importations des conduites d?eau potable, avec comme corollaire une économie en devises pour le Trésor public, le projet devait, selon son concepteur, supprimer totalement les exportations des déchets ferreux. En effet, ces conduites sont à base de déchets ferreux appelés à être collectés sur l?ensemble du territoire national. Cet aspect du projet serait à l?origine du blocage auquel est confronté l?investisseur indien. « Je suis à Annaba depuis plusieurs jours. J?ai multiplié les démarches pour discuter de mon projet avec les autorités locales. J?ai été reçu par le secrétaire général de la wilaya nouvellement installé qui ne m?a été d?aucun secours quant à la réalisation du projet que je lui ai présenté. Toutes les autres portes sont restées hermétiquement fermées. Je ne sais pas ce qui se passe. Si cette situation venait à persister, ma société serait obligée de chercher ailleurs », a déclaré M. Montezi. Electrostell n?est pas la seule société étrangère à être confrontée à ce genre de situation qui expliquerait le fléchissement de l?enthousiasme des opérateurs économiques étrangers à l?égard du système économique algérien. En 2003, dossier bien ficelé en main, des investisseurs canadiens, tunisiens et français, en partenariat avec l?entreprise algérienne Urban, se proposaient de réaliser sur le site du Cap de Garde un des plus grands complexes touristiques d?Afrique. Ils firent les frais des cercles spécialisés de la corruption dans des institutions concernées par des investissements étrangers directs substantiels. Défiance des partenaires étrangers L?incertitude économique très palpable dans la région de Annaba a accru le sentiment de défiance des partenaires étrangers. Bon nombre, dont les opérateurs économiques dunkerquois de passage récemment à Annaba, se sont inquiétés des possibles conséquences, malgré des déclarations d?intention, d?une indifférence des autorités algériennes sur l?investissement étranger. « Outre l?impossibilité d?un décollage économique dans la région, plusieurs centaines de postes de travail risquent de disparaître du fait de la cupidité des responsables et des dysfonctionnements dans les rouages des institutions de l?Etat », ont-ils affirmé. Les proches collaborateurs algériens du représentant d?Electrostell ont décrypté une série d?agissements contestables des décideurs locaux et ont même déduit l?existence de milieux mafieux dans les rouages des administrations de l?Etat. Presque de la même envergure que son compatriote Ispat classé au 3e rang mondial dans la production sidérurgique, Electrostell n?arrive toujours pas à trouver un interlocuteur à Annaba pour concrétiser son projet évalué à plusieurs dizaines de millions de dollars. Informée de cette situation, l?opinion publique locale, tout à la fois désabusée et empreinte d?espoir, observe avec un vif intérêt la grande lessive qui se déploie sous l?autorité du nouveau wali. « Des groupes d?opposition semblent vouloir créer une pression telle qu?elle devrait aboutir au départ définitif de cet investisseur », a déploré un proche collaborateur de M. Montezi. Et si sur ce dossier wali et secrétaire général semblent éviter tout contact avec la presse derrière la traditionnelle réponse « en réunion », M. Merzoug, président de l?APW, a exprimé toute sa disponibilité à se saisir du dossier et à apporter sa contribution à l?aplanissement des difficultés du représentant d?Electrostell. La même disponibilité a été exprimée par M. Branki, directeur régional de l?Agence nationale pour le développement des investissements : « Je suis prêt à laisser tomber mes rendez-vous toute affaire cessante pour recevoir cet investisseur et discuter concrètement de la réalisation de son projet à Annaba », a-t-il indiqué.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A. Djabali
Source : www.elwatan.com