A Annaba, où il a animé une conférence débat organisée par le RND hier, Abdelkrim Harchaoui, l'ancien ministre du Commerce puis des Finances, a tiré les conséquences de la crise financière internationale à l'origine, selon lui, de la dégradation de la situation financière et budgétaire de nombreux pays avancés et beaucoup d'incertitudes sur les perspectives de l'économie mondiale.
En présence des représentants de différents partis politiques, de la société civile, d'universitaires et de chefs d'entreprise, il a parlé des infléchissements des politiques économiques aux USA et dans les pays de l'Union européenne. Mais, la réalité qui s'est affirmée lors de cette conférence de Annaba porte beaucoup plus sur l'impact de cette crise sur notre pays. Se référant à des analyses d'experts de renommée mondiale dont ceux de Grande-Bretagne qui en 2009 avaient prédit l'effondrement de la zone euro à l'horizon 2013, Harchaoui a renvoyé à leurs études les concepteurs des politiques économiques des USA et des pays européens. Sans complexe, l'ancien ministre s'est attardé sur la même crise vécue à partir de 1986 et jusqu'à 2000 par l'Algérie. C'était l'époque où de crise en crise et de crédits à taux d'intérêts plus qu'excessifs imposés par la situation intérieur, notre pays était arrivé à une situation de cessation de paiement. Pour cet ancien ministre, la bénédiction des Etats est pour beaucoup dans l'émergence de pratiques abusives. L'absence d'institutions de contrôle planétaires est aussi à l'origine de la crise financière mondiale actuelle. La posture prise par Harchaoui, également élu à l'Assemblée populaire nationale, pour développer sa thèse démontre le signe évident d'une maturité nouvelle au bureau national du parti politique RND où il a la charge des affaires économiques. C'est en tous les cas, l'impression qu'il a donnée aux participants à la conférence débat de Annaba. En abordant la question des politiques publiques et financement budgétaire, thème de cette conférence, Harchaoui a insisté sur la politique d'austérité et de rigueur budgétaire entamées par les Etats de l'Union européenne au titre de thérapie contre l'accumulation des déficits budgétaires et l'envolée des dettes publiques. Son insistance sur cette question était telle que chaque participant a conclu que l'ancien ministre des Finances préconisait la même démarche dans notre pays. En citant celle brutale, appliquée dans les pays de la zone euro, il lançait un message. «Nos réserves de 180 milliards de dollars en bons de trésor américains sont sécurisés. Mais nous ne devons pas oublier que 70% de notre fiscalité est issue des hydrocarbures et que le pétrole représente 98% de nos ressources financières. Il est impératif pour nous de maîtriser les dépenses et la dette publique, garantir la stabilité des ressources de l'Etat et atteindre les objectifs socioéconomiques pour rendre plus efficaces les politiques nationales» a-t-il argumenté. Ce diagnostic et cette thérapeutique associée seraient le scénario pour l'avenir de l'économie algérienne que propose l'ancien ministre des Finances et ce, même s'il s'est exprimé hors du cadre officiel. Dans son intervention, Abdelkrim Harchaoui a effleuré la question de la corruption qui, pourtant, ruine notre économie. Particulièrement celle à nos frontières. Rien pas un mot. Bon nombre d'universitaires présents fournissent deux explications. La première est le souci de l'intervenant d'éviter de prendre partie dans un débat politisé. La seconde peut-être plus profonde, est que les spécialistes comme Harchaoui sont peu portés à dire des évidences et qu'ils préfèrent mettre l'accent sur ce qui est moins visible. «La mondialisation financière travaille pour les capitaux. C'est ce qui a entraîné la ruine des Etats telle que celle que vivent plusieurs pays européens de la zone euro», a affirmé le chargé des affaires économiques au RND. Il compense d'une certaine manière l'absence de réaction de la plupart des économistes de la zone en question devant les remontrances adressées à 11 pays par l'Allemagne et la France eux mêmes en surchauffe de leur dette intérieure. Il faut cependant reconnaitre que contrairement à beaucoup d'autres économistes, Abdelkrim Harchaoui qui ne s'est pas montré sensible aux considérations politiques a mis en relief ses capacités à rester à l'écoute des mutations économiques actuelles dans le monde et en Algérie.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com