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Haïder Benhassine séduit avec « Les volutes de la flamme froide » Toujours en quête d'un théâtre de l'exigence



Toujours en quête d'un théâtre de l'exigence, Haïder Benhassine ne peut que suivre le chemin qu'il s'est tracé. En effet, il est dans la suite logique de ses précédentes créations, notamment « Oubliez Hérostrate », de Grigori Gorine, « Hallaj el kheïr, hallaj el fouqara ». Il récidive, cette fois, avec une autre mise en scène. Il s'agit de « Les volutes de la flamme froide » de l'auteur Saïd Mahmoudi. Annoncée comme une comédie, elle apparaît au fur et à mesure de son déroulement comme une tragédie. La première représentation de la pièce est un succès total, c'était à Annaba. Avec le même engouement à Alger. Sublime. Un beau texte, remarquablement servi par une mise en scène fascinante, « Les volutes de la flamme froide » est un spectacle où l'intelligence, la poésie et la drôlerie du texte sont magnifiées de manière époustouflante par les effets théâtraux. Le fond et la forme font ensemble l'histoire, créant une totalité harmonieuse dont tous les éléments semblent aussi nécessaires que pertinents. La partition textuelle est subtile et intelligente, et enrobe la douleur dans la ouate de l'humour. Haïder Benhassine a imaginé des tableaux successifs qui usent de plusieurs arts scéniques remarquablement agencés. Tous ces talents, coordonnés de main de maître par Haïder Benhassine, composent une féerie captivante qui, sans jamais oblitérer le texte, permet de faire entendre en intensifiant sa drôlerie et son émotion. Ici, le récit est imagé, il y a de l'humour, de l'actualité, le message est explicite, la littérature est salvatrice. La musique d'Hassan Lamamra est également surprenante. Côté distribution, on notera la remarquable participation d'Amel Menghad, Samia Meziane, Hafida Benrazi, Ahmed Deham, Brahim Djaballah, Mohamed Amine Boussaïd, Salim Aït El Hadj. La pièce acquiert, en outre, une dimension visuelle très forte. On peut donc aussi choisir de plonger tout simplement dans cet univers onirique, de se laisser happer par la magie des mots et des images. Dans cette nouvelle production, Haïder Benhassine a multiplié les didascalies, ce qui montre sa préoccupation pour des détails précis de mise en scène, et surtout sa quête régulière et « invétérée » d'un théâtre de l'exigence. Actuellement, l'équipe de Haïder Benhassine est en tournée à travers plusieurs wilayas du pays, pour faire profiter d'autres publics. Pour Haïder Benhassine, « le metteur en scène joue en effet un rôle essentiel dans la mise en place et la réussite d'un spectacle. Mais ce grand manitou, dont le travail est déterminant, reste pourtant invisible aux yeux du public. Le metteur en scène est responsable de la réalisation scénique d'une 'uvre. C'est lui qui concrétise un texte en faisant une pièce de théâtre ». Véritable chef d'orchestre, Haïder Benhassine s'occupe de tout : du jeu des acteurs, des décors, des éclairages, des bruitages, de la musique, des costumes, des accessoires et du maquillage, qui seront utilisés pour la pièce qu'il a choisi de mettre en scène. Garant du style de celle-ci, il doit s'attacher à créer un univers cohérent et veiller à ce qu'elle garde sa logique interne.
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