Annaba - A la une

GUEULE DE BOIS POUR LES CANDIDATS



Comme la plupart des wilayas du pays, Annaba s'est peu mobilisée pour élire ses représentants à l'APN, samedi. Ainsi, après avoir tourné le dos aux urnes lors du référendum sur le projet d'amendement de la Constitution, en novembre 2020, les Annabis ont persisté et signé en ne participant qu'à hauteur de 22% aux législatives.Un taux plutôt bas pour une région militante et disciplinée, qui a toujours montré un engouement certain pour désigner ses députés, faisant des élections un devoir dont on devait s'acquitter quoi qu'il arrive.
Cette abstention massive ou ce non-vote a laissé sans voix bon nombre d'entre les 312 candidats en lice pour les 7 sièges proposés dans cette circonscription, notamment ceux qui étaient sûrs et certains d'arracher leur ticket pour l'Hémicycle.
"Nous avions pourtant fait une excellente campagne électorale, n'omettant aucune commune ou localité isolée et nous étions convaincus que les gens allaient voter, et là, nous constatons que c'est tout à fait le contraire", relève un jeune candidat indépendant.
"Nous nous attendions à des réticences, connaissant le peu de confiance qu'accordent les citoyens aux élus, quels qu'ils soient, mais nous n'avons, à aucun moment, imaginé que les centres de vote allaient être désertés de cette manière. C'est une véritable catastrophe", renchérit ce quinquagénaire, candidat sous la bannière d'un parti islamiste, en avouant qu'il serait frustrant d'être élu dans ces circonstances peu honorables de son point de vue.
La dizaine de personnes figurant sur les listes, que nous avons pu contacter, affichaient pratiquement la même déception à l'égard de l'électorat, qui, une fois encore, s'est abstenu de s'impliquer dans cette "cette drôle de consultation".
S'agissant du déroulement de l'opération de vote, certains représentants de partis dénoncent des cas de dépassements dans des bureaux de vote à travers les communes d'El-Karma, d'Aïn Sayed et d'El-Horreicha, où des jeunes, défiant les agents des services d'ordre et des personnels, ont tenté d'inciter les électeurs à donner leur voix à des candidats bien déterminés.
Un autre postulant à la députation constate avec amertume que ces élections ne diffèrent pas des précédentes, puisque le pouvoir de l'argent, le tribalisme et la connivence ont prévalu comme toujours au détriment des qualités intrinsèques de ces jeunes médecins, avocats et universitaires qui se sont présentés à la députation.
"Des personnes sans scrupule n'ont pas hésité à user de la 'chkara' pour orienter les voix des citoyens et ont distribué de grosses quantités de coupures de 1 000 DA à de jeunes dés?uvrés pour qu'ils se postent aux abords des centres de vote pour y distribuer les portraits et les numéros de certains candidats portés sur les listes partisanes", affirme ce médecin, en reconnaissant, toutefois, qu'il ne dispose pas de preuves pour étayer ses accusations.

A. ALLIA
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