Annaba - Revue de Presse

GUELMA Les robinets en péril



A la faveur de sa situation dans le plateau tellien et sa composante structurelle géophysique, qui lui confèrent les attributs d'une région à vocation agropastorale, la wilaya de Guelma avait orienté ses réflexions et projections de développement vers le secteur de l'Agriculture qui implique implicitement le soutien par l'exploitation optimum et rationnelle des ressources hydrauliques dont elle dispose, concrétisant du même coup l'évidente complémentarité.  Le barrage de Bouhamdane d'une capacité de 220 millions de mètres cubes constitue en l'espèce la pierre angulaire dans le dispositif hydraulique de la région, et ses réseaux canalisent l'eau potable ou d'irrigation vers les vallées de Guelma, Bouchegouf et Oued Zenati. Les potentialités hydrauliques de la wilaya sont intégrées aussi dans un programme de développement régional si l'on relève le soutien dans l'acheminement de l'eau potable vers la wilaya de Constantine à partir du forage d'Aïn-Arko, ou encore la wilaya d'Annaba à partir du forage de Hammam Bradaâ.  Aux dernières dotations financières inscrites au programme quinquennal 2005/2009 et son complément de rattrapage, nous relevons près d'une trentaine d'opérations engageant 182 milliards de centimes destinés aux renforcements, extension, rénovation des réseaux ainsi que les transferts d'adductions de l'eau potable à travers les agglomérations et les grands centres urbains. Des projets d'assainissement impliquent la réalisation de stations d'épuration, de canaux de protection contre les inondations des zones urbaines, le curage et les aménagements des cours d'eau et oueds, la réhabilitation des retenues collinaires et autres petits barrages pour le segment hydro-agricole.  Cet ensemble d'opérations, mises en oeuvre et suivies inlassablement par les pouvoirs publics, en mobilisant les moyens appropriés, sont à même de démontrer le caractère ambitieux de l'action à verser la région dans l'auto-suffisance en matière hydraulique pour peu que cette richesse naturelle puisse être préservée dans des attributs vitaux et son usage à bon escient.  La célébration de la journée mondiale de l'eau porte en son sein le rituel débat sur la gestion durable du précieux liquide, consacrant la sacro-sainte reconnaissance du droit universel d'accès à l'eau potable et pure. Aussi, nous restons simultanément interpellés à reconsidérer notre attitude de gaspilleurs, pollueurs et saccageurs de ce fluide aquatique... qui demeure éternellement source de vie.  Les agents pollueurs, tels les rejets industriels asphyxiant nos rivières et cours d'eau ou les pratiques de cultures intensives épuisant les nappes phréatiques à force d'irrigation désordonnée tout en déversant nitrates, pesticides et herbicides, voilà des facteurs prépondérants qui amplifient la cadence des agressions contre cette matière vitale pour constater d'ores et déjà qu'il y a péril en la demeure.  A terme, nous ne pouvons qu'aboutir à un indescriptible gâchis entamant le compte à rebours vers la pénurie, la disette adjacente et les temps de grandes soifs, les pieds ensevelis dans les sables d'un désert que l'on n'a pas senti venir.  Une réaction salvatrice éveillera, probablement, les consciences sur un sursaut salutaire dans une éthique écologique qui fera allégeance à la nature et à.. l'eau qui l'agrémente avec ses reflets miroitant la bienfaisance et la fertilisation.  Elle est belle et bien source de la vie.
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