
Est-ce un rapprochement de l'administration du citoyen ou l'exil de cette frange de la société devenue indésirable...Sur la base d'une pétition dont nous détenons une copie, les signataires dudit document, à savoir les anciens moudjahidine, veuves et enfants de chouhada, refusent le transfert du siège de l'organisation des moudjahidine, situé au centre-ville de la wilaya de Annaba, vers les nouveaux locaux sis à la daïra d'El Bouni. Aux termes de la pétition, le motif du refus est l'éloignement de ce nouveau siège du fait que cette infrastructure relevant du ministère des Moudjahidine, est régionale, et par conséquent, ses administrés viennent des quatre coins de la wilaya de Annaba, Chetaïbi, Tréaat et Seraïdi entre autres daïras. «Moi je suis veuve de chahid et j'habite à Oued El Ghlem, dans la daïra de Chetaïbi, je vais être obligée de faire plusieurs correspondances pour arriver à El Bouni», a fait savoir cette veuve de chahid, âgée de 76 ans. «C'est de la folie de faire plus de 80 km 2 à 3 fois par mois», s'est-elle étonnée. Des propos soutenus par des dizaines d'administrés de cette organisation que nous avons rencontrés. Par ailleurs, sur les raisons de cette décision, nous avons tenté de prendre attache avec le directeur de cette mini-direction des moudjahidine, et nous avons été informés que ce dernier était en visite au nouveau siège. En outre, et selon une source interne à cette institution, cette délocalisation intervient à un moment très «inadéquat». Selon cette source interne à l'Organisation des moudjahidine seule la bâtisse est achevée. «Tous les services ne sont pas opérationnels, vu l'absence des facteurs fonctionnels' Internet et Intranet en l'occurrence», a fait savoir notre source. «L'organisation est reliée au ministère des Moudjahidine et aux différentes organisations similaires, relevant du même ministère par le réseau national d'Intranet et pour le moment, aucun raccordement n'a été établi, encore moins l'installation», a ajouté la même source. Et d'expliquer que «rien ne pourra être traité et par conséquent, les administrés seront otages de cette situation, notamment en matière de pensions, réquisitions des billets d'avion et de licence d'importation et d'exploitation, entre autres».Bien que la délocalisation de ce mini-département demeure inévitable, il aurait été proposé aux décideurs, selon la même source, de garder opérationnels, au moins deux bureaux au niveau de l'actuel siège afin d'éviter de rompre l'activité de l'organisation, d'une part, et d'orienter au fur et à mesure les moudjahidine d'autre part. Pour l'heure, le transfert du siège est inévitable et ses locataires sont sommés de quitter leurs locaux dans les meilleurs délais.Cette délocalisation décidée par les décideurs de la wilaya de Annaba, selon nos interlocuteurs, nargue totalement les instructions de l'Etat, portant notamment «le rapprochement de l'administration du citoyen». Cette situation pénalisante est en contradiction avec les directives du président et du Premier ministre. Ce plan d'action du gouvernement, vise à remettre de l'ordre dans divers secteurs d'activités, dont l'administration. Cette politique est loin de trouver écho chez les responsables locaux de la wilaya de Annaba qui persiste à éloigner l'administration des administrés, comme c'est la situation dans ce cas de figure où plus de 5000 sujets entre mou- djahidine, veuves et enfants de chouhada, seront contraints de faire un déplacement de quelque 7 km, pour se rendre au nouveau siège de la direction régionale des moudjahidine. C'est dire qu'un autre «fossé», va se creuser entre l'administration et une frange de la société. Les directives du premier magistrat du pays, visant à faire parvenir l'administration au citoyen, et non, des personnes âgées entre 56 à 90 ans à l'administration sont loins de trouver terrain de concrétisation, du moins dans ce cas. «Il faut signaler que l'administration est au service du citoyen et non le contraire. «Est-ce un rapprochement de l'administration du citoyen ou notre exil d'une société dans laquelle nous sommes devenus indésirables.», s'est insurgé Aâmi Sedira H, un moudjahid de 78 ans.Ce septuagénaire estime que les pouvoirs locaux doivent faciliter les choses pour les personnes âgées comme lui. «Nous avons payé de notre vie pour les uns et de notre santé pour les autres, la plupart d'entre nous sont amnésiques, et risquent d'être déroutés, car nous n'avons plus le sens de l'orientation», a expliqué notre interlocuteur avec amertume.Se demandant s'ils sont encore utiles dans cette société, ils en appellent au premier responsable de leur tutelle pour une éventuelle intervention.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahida BAHRI
Source : www.lexpressiondz.com