
130 tonnes de corail ont été arrachées illicitement l Ce vol est à l'actif de trafiquants algériens, tunisiens et italiens.Cette importante quantité a été interceptée par les services de sécurité tunisiens.D ans une conférence de presse animée au siège de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) dont il est désormais le porte-parole, Hocine Bellout, président du Comité national des marins pêcheurs, s'est déclaré «offusqué» par «la facilité avec laquelle les trafiquants, des Algériens, Tunisiens et Italiens, ont arraché 130 tonnes de corail et fait transiter par le poste-frontière d'Oum Tboul, à El Kala, à destination de la Tunisie, où ils ont été interceptés par les services de sécurité tunisiens.Est-il normal que nos voisins tunisiens soient ceux qui arrêtent un convoi de nombreux mulets transportant une aussi importante quantité de corail après avoir traversé plusieurs postes de contrôle algériens ' Il y a des complicités qu'il ne faut jamais taire. Nous nous attendions à une réaction de la part de nos responsables, mais cela n'a pas été le cas. Qui a aidé ces trafiquants à extraire le corail et à le transporter jusqu'à la frontière tunisienne '», s'insurge M. Bellout.Revenant sur les moyens utilisés pour l'arrachage du corail, il parle d'un «massacre» opéré «avec des méthodes interdites» par la communauté internationale, parce qu'elles «ne permettent plus» la régénérescence de cet animal marin, dont la poussée annuelle ne dépasse pas les 2 mm. «Nous craignons fort qu'avec la réouverture de la chasse au corail par les autorités, il y aura, en plus de l'exploitation abusive de cette ressource, une multiplication du trafic. Tout en respectant la décision du gouvernement, cela ne nous empêche pas d'exprimer nos appréhensions, voire notre opposition, en raison des conséquences néfastes qu'elle va avoir sur la ressource.Le prix du kilogramme sur le marché avoisine actuellement les 1800 euros. Les trafiquants sont capables de tout. Durant la décennie écoulée, nous savons que 14 tonnes de corail, pêchés illégalement, ont été saisies un peu partout par les services de sécurité, notamment les gardes-côtes. Cette quantité ne représente qu'une partie infime de celle qui a été bradée. Il est connu de tous que lorsqu'un volume X est intercepté, au moins trois fois plus ont échappé au contrôle.Actuellement, entre El Kala et Annaba, il existe plus de 200 embarcations qui exploitent de manière illégale le corail. Bon nombre d'entre elles utilisent le système de la croix de saint André, arrachant à la base le récif, dégradant chaque jour un peu plus la ressource. En 2008, lorsque les gardes-côtes ont tenté d'intercepter une embarcation, ils ont été accueillis avec des grenades et des armes à feu. Heureusement, il n'y pas eu de victime, mais cette situation devient de plus en plus inquiétante et elle le sera davantage, lorsque l'Etat rouvrira la pêche au corail.»L'utilisation des casiers en bois est dangereuse pour la santéM. Bellout aborde également l'utilisation illégale des caisses en bois par certains poissonniers, malgré le fait que celles-ci soient très dangereuses pour la santé des citoyens. «Partout dans le monde, les caisses en bois ont été remplacées par celles en plastique, en raison des maladies qu'elles peuvent entraîner chez les consommateurs. Le bois est une matière qui aspire tout ce qui est liquide, comme le sang du poisson, l'eau de mer, les eaux impropres, etc. et il transforme en foyer d'un nombre important de microbes, qui une fois en contact avec le poisson peuvent le contaminer. Raison pour laquelle, au niveau international, il a été interdit. Pourquoi en Algérie, où le plastique est une industrie florissante, les caisses en bois sont les plus utilisées ' Nous avons interpellé les pouvoirs publics sur le danger, mais, à ce jour, leur réaction reste très mitigée?»Pour le président du Comité des marins pêcheurs, «des milliers d'eucalyptus et de sapins sont abattus par une faune de trafiquants qui les découpent, les transforment en caisses puis les revendent aux poissonniers. Comment font-ils pour acheminer 6000 caisses de Boumerdès à Annaba, ou de Annaba à Oran, sans qu'ils ne soient contrôlés ' Pourquoi ne sont-ils pas inquiétés alors qu'ils n'ont aucun document qui justifie le transport de ces chargements de caisses en bois '», s'interroge M. Bellout. Les réponses à ces interrogations sont dans «le laisser-aller» des organes de contrôle, «la passivité» des autorités du pays et «l'inconscience de certains pêcheurs».Il déclare : «Ceux qui recourent à ces caisses pensent uniquement à leur poche parce qu'une caisse mouillée pèse 4 kg de plus que celle sèche. Ce qui constitue un gain pour le pêcheur qui vend la quantité. Nous avons alerté les pouvoirs publics, d'autant qu'un décret d'interdiction de ces caisses existe. Malheureusement, rares sont les directions de la pêche qui veillent à son application. A Alger, les caisses en plastique ne sont utilisées qu'à la pêcherie, mais pas ailleurs», révèle M. Bellout. «Certains intervenants dans le secteur portent atteinte à la santé des consommateurs» en saupoudrant le poisson, dénonce-t-il, d'un produit très dangereux, utilisé dans les morgues pour conserver les cadavres. «Ce produit est importé d'Espagne par des personnes malveillantes afin de donner au poisson une apparence de fraîcheur, alors qu'il ne l'est pas», explique M. Bellout.Revenant sur la situation des ports de pêche, l'orateur s'indigne de l'absence des conditions sanitaires : «Il est inadmissible que dans les 31 ports de pêche, il n'existe pas d'ambulance. De nombreux accidents ont eu lieu dans ces enceintes et les victimes ont perdu la vie faute de secours sur place. Ne pouvons-nous pas avoir une unité de secours sur place ' Au lieu de construire ces fameux locaux pour les communes qui ne servent à rien, n'est-il pas plus juste et équitable d'installer une ambulance avec un médecin dans chaque port de pêche ' Non seulement nous sauverons des vies humaines mais aussi nous règlerons le problème de chômage. Nous n'avons jamais cessé d'alerter les autorités sur ce problème, mais à ce jour rien n'a été décidé. En attendant, la liste des pêcheurs victimes d'accident continuera de s'allonger?»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com