Confiée à 100% par le ministère des Ressources en eau à des cadres algériens, après la résiliation en avril 2011 du contrat de gestion déléguée avec la société allemande Gelsenwasser, la Société de l'eau et de l'assainissement d'El Tarf et d'Annaba (Seata) œuvre, depuis, pour mériter cette confiance.
Elle est l'unique société des quatre grandes agglomérations du pays (Alger, Oran, Constantine et Annaba) à être pilotée entièrement par des nationaux. La gestion des trois autres est du ressort de deux sociétés françaises et une espagnole. «L'Algérien est aussi capable que les étrangers pour peu qu'on mette à sa disposition les moyens dont bénéficient ces derniers. Beaucoup ont exprimé leur scepticisme lorsque les cadres algériens ont été chargés par notre tutelle de la gestion déléguée de l'eau, après la résiliation du contrat avec le partenaire allemand. Ce qui a fouetté notre amour-propre. Nous étions devant un défi qu'il fallait relever. C'est pourquoi nous avons multiplié les efforts pour atteindre le résultat escompté et mériter ainsi la confiance placée en nous par notre ministre», a tenu à souligner le directeur général de la Seata, Rachid Mokrani, à la tête de cette structure étatique depuis une année. La résiliation du contrat de partenariat avec la société allemande est intervenu suite à la constatation par le ministère de son échec à remplir les termes contenus dans le cahier des charges, notamment une distribution de l'eau potable 24 heures sur 24 à la deuxième année de l'entrée en vigueur du contrat et le transfert de technologie qui n'a pas été réalisé après trois ans de présence. Outre les opérations engagées dans les domaines de la distribution de l'eau potable, de l'évacuation des eaux usées, la Seata procédera dans les prochains jours à la mise en place de 50 000 compteurs en même temps que le lancement de 17 projets destinés à une meilleure maîtrise de l'assainissement et de la distribution de l'eau potable à Annaba et El Tarf. Concernant les inondations, sachant que certaines parties de la ville d'Annaba sont situées à plus de 12 m en dessous du niveau de la mer, les habitants de ces quartiers n'ont plus cette appréhension à chaque chute de pluies. «On est loin des années 1980,1990 et même au milieu et à la fin des années 2000 où des drames et des sinistres ont été enregistrés», tient à rappeler le directeur général de la Seata. A son arrivée à Annaba, la société allemande chargée de la gestion déléguée avait bénéficie de 37 milliards de dinars accordés par l'Etat. De cette somme, accordée dans le cadre du plan quinquennal 2010-2014, 6 milliards de dinars, seulement ont été consommés et ce durant près de trois ans de présence sur le territoire algérien. Une bonne partie de cette somme a servi aux salaires des expatriés alors que très peu (environ 2 milliards de dinars) a été investi dans des opérations sans grande incidence sur l'amélioration de l'alimentation en eau potable et/ou l'assainissement. Depuis leur prise en charge de la Seata, en septembre 2011 et en attente du débloquement des 29 milliards de dinars restants, les actuels dirigeants ont entrepris des actions pour s'équiper en matériel de première nécessité, entre autres, 300 engins et 18 camions dont la livraison est programmée pour les prochaines semaines. Ils ont également bénéficié de la part de la wilaya d'Annaba d'un terrain de 3 ha pour servir de parking à leur matériel et de 1 300 autres mètres carrés pour l'édification de leur nouveau siège. Comme ils ont déjà lancé ou programmé deux importantes opérations consistant en 900 km de conduites à réaliser à El Tarf et Annaba et un collecteur à Sidi Brahim (Annaba). Sur le plan socioprofessionnel, les 3 000 travailleurs de la Seata ont bénéficié au début de cette année 2012 d'augmentations de salaire à hauteur de 25%, et contrairement à plusieurs autres entreprises, les salaires sont versés chaque fin de mois. Il en est de même pour l'acquittement des redevances à la Sonelgaz qui se chiffrent à 250 millions de dinars par mois. Avec la prochaine installation des 50 000 compteurs dont une bonne partie a déjà été acquise ainsi que la gestion de la station de traitement des eaux polluées (STEP), actuellement gérée par une société française, et ce, jusqu'en 2013, la Seata engrangera des recettes qui viendront renflouer ses caisses. L'argent ainsi récupéré permettra d'améliorer encore plus l'approvisionnement des populations en eau potable ainsi que l'assainissement et la protection contre les inondations.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Bouacha
Source : www.lesoirdalgerie.com