Il faisait partie des innombrables jeunes algériens qui, dans un fabuleux élan patriotique, ont répondu à l'appel historique du FLN, en désertant résolument les bancs des lycées pour rejoindre les rangs de l'armée de libération nationale (ALN).A peine sorti de l'adolescence, Ali Mammeri, qui avait à c?ur de s'impliquer dans le combat libérateur, a été intégré, dès 1957, dans une école spécialisée située à Nador (Maroc) où il a subi un cycle de formation accélérée ? 3e Promotion Larbi Ben M'hidi ? qui lui a permis de s'imprégner d'une somme de connaissances techniques et méthodologiques se rapportant précisément aux conditions d'organisation et d'utilisation, en temps de guerre, des réseaux de transmission, un corps hautement stratégique qui, rattaché au ministère de l'Armement et des Liaisons générales ( MALG ), joua un rôle prépondérant dans la glorieuse lutte de Libération nationale.
Activant sous le nom de guerre de Mohsen, il fut, dès la fin du stage, désigné adjoint de l'opérateur radiotélégraphiste en chef, Rahal El Hadi dit Salah, avant d'être affecté, en septembre 1957, dans une importante unité combattante de l'ALN qui activait, sous la direction du commandant Abdellah Belhouchet, dans les maquis de la wilaya 1 historique.
C'est alors qu'ils faisaient route vers leur nouvelle destination, que Salah et son second Mohsen qui étaient escortés par un groupe de djounoud, fûrent, contre toute attente, localisés par une patrouille de l'armée coloniale près de la localité de Meskania (Oum Bouaghi). A l'issue d'un violent accrochage qui dura plusieurs heures, Mohsen qui a été blessé, presque laissé pour mort, fut capturé par les soldats français puis évacué à la caserne Mondovi de Drean (El Tarf) où il fut soumis à un interrogatoire ponctué de toutes sortes d'exactions et de maltraitances.
Dans le feu de l'action, des djounoud se sont empressés de soustraire, en priorité, les équipements et appareils de transmission qu'ils ont mis hors de portée, de crainte de les voir récupérés et exploités par l'ennemi.
Quelques jours plus tard, Mohsen, dans la plénitude de sa jeunesse, fut, alors, transféré au sinistre camp de concentration de Melaha (Annaba) où, cinq ans durant, il subit les affres de la torture et de l'isolement, avant de retrouver la liberté, dès la proclamation du cessez-le-feu, le 19 mars 1962. Au lendemain de l'indépendance, si Ali s'est joint volontairement à un groupe d'opérateurs-radios issus des anciens maquis pour contribuer à la relance des programmes de diffusion et d'exploitation technique de la RTA.
Après divers stages de formation effectués en Algérie et à l'étranger, si Ali fut l'un des premiers cadres qui ont participé au lancement du fameux projet portant sur la réalisation de l'ex Sonelec (ENIE) dont le siège se trouve à Sidi Bel Abbès.
Lecteur assidu de la presse nationale, si Ali eut, voilà une trentaine d'années, la surprise d'apprendre, par le biais du quotidien Horizon, qu'il était tombé au champ d'honneur durant la guerre de Libération nationale. Ali Mammeri dit Mohsen figurait, en effet, sur une liste nominative de martyrs de la «guerre des ondes» publiée précisément par le journal. Il s'empressa, alors, de rectifier auprès du ministère des Moudjahidine, l'erreur qui faisait de lui un martyr vivant.
En 1957, il est porté pour mort et son nom inscrit à la longue liste des martyrs de l'armée des transmissions. Homme discret et plein d'humilité, si Ali, décédé le 14 mai 2019, est parti avec le sentiment profond du devoir accompli. Paix à son âme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R L
Source : www.elwatan.com