La campagne de la pêche au thon au titre de l'année 2020 s'est déroulée du 26 mai et a pris fin le 1er juillet, en pleine crise sanitaire.L'Algérie, qui devra pêcher son quota évalué à 1650 tonnes en 2020, contre 460 tonnes en 2016 et 1 437 tonnes de thon rouge au titre de l'année 2019 ; conformément à l'accord de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT), et qui a bénéficié d'un quota de 1 445 tonnes en 2019, a vu la participation de 23 thoniers, contre 22 en 2019. Ces derniers ont pris le large à partir des ports de Annaba et d'Alger, en direction de la zone internationale de la pêche comprise entre la Tunisie, les îles de Malte et la Sicile, en vue de se positionner sur les sites de pêche.
Il convient de préciser que le nombre de thoniers participant à la campagne est passé de 14 navires à 23, en 2020.
Selon nos sources, le montant des redevances payées par les équipementiers au profit du Trésor public cette année s'élève à près de 80 millions de dinars.
Selon un responsable, la valeur du quota de pêche prévu s'élèverait à 14 millions d'euros et sera vendu dans le cadre d'une opération purement commerciale, prise en charge par les armateurs. La Tunisie, l'Espagne, la Turquie et Malte sont les principaux clients de l'Algérie ainsi que d'autres pays possédant des fermes d'engraissement, à l'instar de la Tunisie.
Une source nous informe que le quota de l'Algérie passera à 2 000 tonnes en 2021 vers 2 500 tonnes en 2025. De ce quota, de 1 650 tonnes de thon rouge dédié à l'Algérie pour 2020, la wilaya de Tipasa, qui dispose de 12 thoniers, bénéficie de 660 tonnes, dont 6 thoniers sont au niveau du port de Gouraya et un seul pour Cherchell et Bou-Haroun. Cette heureuse nouvelle relative à l'augmentation de la quotepart réservée à l'Algérie pour 2020, soit 1 655 tonnes, contre
1 437 en 2019 a, toutefois, provoqué un mécontentement parmi quelques artisans pêcheurs disposant de petits métiers de 4.80 mètres, qui souhaitent pêcher le thon de manière artisanale (pêche à la ligne).
Sur place, on nous explique que ce procédé est autorisé dans certains pays européens à raison de 5 unités par an et par artisan.
La revente au noir du thon rouge est un marché juteux en Algérie, dont le prix au détail oscille entre 1 500 et 2 000 dinars le kg.
Un ancien professeur de l'Ecole de pêche de Cherchell a été plus explicite à ce sujet. Il précise que sur les 23 thoniers que compte l'Algérie et les 12 navires thoniers que compte la wilaya de Tipasa, plus de 50% du thon au niveau national est pêché par Tipasa, soit plus de 7 000 tonnes. Mais les citoyens ne voient pas de traces de ce produit, qui est acheminé directement vers les fermes d'engraissement tunisiennes ou maltaises pour ce produit pêché vivant. Ainsi, les pêcheries artisanales algériennes se rabattent sur la pêche d'autres espèces de thonidés comme l'espadon, la bonite et les requins, qui sont des espèces non soumises aux quotas de pêche imposés par la Commission internationale de conservation des thonidés (ICCAT). On nous indique, à ce titre, que « la filière d'élevage qui s'est développée à partir des années 2000 n'est pas durable, c'est-à-dire pour obtenir un kilo de thon rouge, il faut fournir 12 à 17 kg de nourriture ».
Notre interlocuteur nous précise que sur le quota de pêche mondial qui est fixé à 36 000 tonnes pour 2020, le Maroc bénéficie de 3 284, la Tunisie 2 655 tonnes et la Turquie 2305 tonnes. Ainsi, nos artisans pêcheurs doivent savoir que ce type de pêche est quantifié légalement. En Europe, les thoniers senneurs du secteur industriel recueillent l'essentiel du quota, au grand dam des petits pêcheurs algériens.
Houari Larbi
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houari Larbi
Source : www.lesoirdalgerie.com