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entre fraîcheur et candeur La pièce Soura tahki présentée au Festival du théâtre féminin à Annaba



La deuxième édition du Festival national du théâtre féminin se poursuit au théâtre régional Azzeddine Medjoubi de Annaba jusqu'au 7 mars.
Annaba
De notre envoyé spécial
Souffle de fraîcheur, dimanche soir, au théâtre régional Azzeddine Medjoubi, à la faveur de la troisième soirée du deuxième Festival national du théâtre féminin. Des jeunes, âgés d'à peine vingt ans, sont montés sur scène pour jouer une petite comédie musicale suscitant la sympathie du public présent. Menés par Hakima Niched, Amine, Sanaâ, Wissam, Soulaf, Badro, Bassem et Islam ont interprété la pièce Soura tahki (Une image raconte), une production de la troupe Top Farah d'Oran. Du mieux qu'ils pouvaient, les comédiens amateurs ont tenté de convaincre les professionnels et le public présents dans la salle.
La thématique n'est pas nouvelle : «Le conflit» femme/homme, et par extension la situation de la femme dans la société. Sentiers battus, oui ! Mais l'équipe de Hakima Niched a voulu aborder le sujet avec un esprit contemporain, usant d'humour, de supports vidéos, de musique, de danse hip-hop. Une journaliste, feuilletant un album photos, voit défiler devant elle des «histoires» de femmes ou peut-être de couples. «Je veux aimer, vivre, être libre», lance une épouse déçue. «Je veux continuer à enseigner, pas me marier. Le mariage, c'est pour plus tard», confie une universitaire à son prétendant. «Je refuse ta rose en cadeau, je veux une machine à laver», crie une mère de famille face à un mari romantique. Vie, liberté, émancipation, scourage, mensonge, trahison, amour...Il faut trouver et associer un mot, une qualité, à l'homme, à la femme. «Je suis le pouvoir», crie l'homme. «Je suis la tendresse», lance la femme.
De la candeur à revendre. Chouf chouf zman el youm chante le groupe. L'homme est critiqué, la femme également. Un effort est fait pour la composition musicale. Le texte, c'est une autre histoire. La jeune Hakima Niched, qui a écrit et mis en scène la pièce, n'a pas voulu trancher ni en faveur de l'homme ni contre la femme. «Maw jednach hel li had el qadhia» (Nous n'avons pas trouvé solution à ce problème). A ce niveau, l'idée est intéressante puisqu'il ne s'agit pas de verser dans un féminisme à l'eau d'oranger (à défaut de rose !). «Entre eux, les jeunes parlent beaucoup de ce sujet. La femme pense toujours qu'elle est écrasée et l'homme estime qu'il n'a pas de chance», a expliqué Hakima Niched, lors du débat qui a suivi la représentation, débat modéré par l'universitaire, Nacereddine Khelaf.
Hakima Niched, qui plaide pour le nouveau style dramatique, a revendiqué «une part» d'aventure dans le travail artistique. La pièce a commencé à un rythme accéléré et aéré, mais la tonalité, au fil du jeu des comédiens, est retombée dans le conventionnel, le déjà-vu, perdant de sa fraîcheur. Le dramaturge, Omar Fetmouche, n'a pas manqué de le souligner : «J'aurais aimé que le spectacle prît la tournure du début. Je me suis dit, c'est du sang neuf. Mais là, on se retrouve avec un esprit de vieux. Dommage ! Vous êtes jeunes, ramenez autre chose ! L'amour aujourd'hui entre jeunes est présent sur Facebook, sur Internet... Il y a d'autres formes. Parlez-nous de cela et évitez les clichés et les stéréotypes».
Omar Fetmouche, qui est directeur du Théâtre régional de Béjaïa, a salué la présence d'individualités parmi les jeunes comédiens de Top Farah, une troupe qui existe depuis une année. Il leur a conseillé d'éviter les erreurs des aînés. Abdelnacer Khelaf a, pour sa part, relevé que Top Farah est le fruit du travail fait par le théâtre universitaire. Il a rappelé que cette troupe a déjà obtenu le premier prix lors du dernier festival de Chlef. «Pour nous, le théâtre permet de faire passer un message et traiter des sujets qui intéressent les gens. Pourquoi ne pas le faire d'une manière agréable, légère et comique ' Cela pour mieux faire de la critique sociale et politique et en diffusant de la bonne humeur aussi», s'est défendu Hakima Niched.
«Cette troupe est née de la solide amitié qui réunit ses membres. Nous avons décidé d'exploiter nos vocations en faisant du théâtre, d'être utiles en quelque sorte. Ce n'est qu'un début. Vous allez voir d'autres travaux», a-t-elle promis. La comédienne, Aïda Kechoud, a choisi de soutenir les jeunes comédiens. «Vous avez osé, bravo ! C'est bien de revenir à la comédie et à la comédie musicale, des formes d'expression qui existaient dans le théâtre algérien par le passé. Soyez authentiques et sauvegardez l'expression théâtrale», a-t-elle conseillé. L'universitaire, Djamila Zegaï, de son côté, a salué le travail collectif sur scène et a recommandé aux jeunes comédiens de ne pas réduire la question de la femme au rapport homme/femme. Hakima Niched a évoqué le désintérêt des jeunes pour le théâtre et estimé nécessaire d'aller vers de «nouvelles formes d'expression dramatique» pour «attirer» le jeune public.
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