
«Les assassins de Mohamed Boudiaf seront traduits tôt ou tard devant les juridictions nationales ou devant des tribunaux internationaux, et les dernières déclarations du président du Haut Conseil islamique, Bouabdallah Ghoulamallah, mettent définitivement fin à la théorie de l'acte isolé», a déclaré samedi passé à Tinebdar, Nacer Boudiaf, le fils du président assassiné.L'invité du Café littéraire de Tinebdar, devant un auditoire attentif, a d'abord retracé brièvement le parcours historique de son défunt père, avant de s'appesantir sur son retour en Algérie, son exil marocain en 1992, et surtout sur les dessous de son assassinat, qui reste à ce jour non élucidé. «Ceux qui l'ont ramené croyaient qu'ils allaient le manipuler à leur guise, mais ils ont vite compris qu'ils n'avaient pas affaire à un homme sénile, malléable et influençable !», indique-t-il.«Dès le départ, il s'est opposé à leur volonté de lui dicter ses discours. Et, il a refusé même d'enlever de son discours inaugural la petite phrase ??Ceci est ma main, je la tends à tous les Algériens'' qui ne cadre pas apparemment avec les orientations des décideurs de l'époque», ajoute-t-il. Parlant de son assassinat, il dira qu'il ne faut pas être grand enquêteur pour comprendre l'impossibilité technique de commettre un assassinat en acte isolé dans une salle comme celle de la Maison de la culture de Annaba.«C'est un complot, et je le redis, ce sont ceux qui l'ont ramené qui l'ont tué. J'ai interpellé publiquement les responsables de l'époque et je leur ai dit que vous êtes tous responsables de la mort de Boudiaf d'une façon ou d'une autre. Je ne dis pas que tout le monde est dans le complot, mais ceux qui ne le sont pas savent qui est derrière son assassinat», assène-t-il. Il fera remarquer que l'exigence de vérité n'est pas une revendication du seul fils de Boudiaf, mais de tout le peuple algérien.Il réitérera, à l'occasion, son appel pour la réouverture de l'enquête sur l'assassinat de son père et demandera à la justice de s'autosaisir comme il convient en pareille situation, suite aux déclarations de l'ancien ministre des Affaires religieuses. «En l'absence de réaction et de réouverture du dossier, je porterai plainte devant les juridictions internationales, ceux qui l'ont tué doivent répondre de leur acte. Si vous ne voulez pas régler le dossier Boudiaf ici, on le réglera à l'étranger», insiste-t-il. Au terme de cette conférence-débat, Nacer Boudiaf a dédicacé son ouvrage Si Tayeb El-Watani, l'espoir assassiné et celui de son défunt père Où va l'Algérie' réédités par l'édition Tafat.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boualem B
Source : www.elwatan.com