Annaba - A la une

«En Algérie, on ne vote pas pour des programmes, mais plutôt pour des personnes»



Y aura-t-il engouement des électeurs lors du prochain scrutin du 10 mai ou la prochaine législature connaîtra-t-elle le même sort que celle de 2007, avec un taux de participation ne dépassant pas les 35%, le plus faible taux jamais réalisé depuis l'Indépendance ' Cette question se pose avec acuité compte tenu du désintérêt affiché par les citoyens dans plusieurs wilayas envers la campagne électorale.
Cette dernière en est à sa deuxième semaine sans pour autant parvenir à s'incruster au centre des préoccupations des Algériens. Dans leur majorité, nos concitoyens adoptent un comportement de simple spectateur vis-à-vis des meetings et autres sorties de proximité des partis et de leur candidats, ceci, bien sûr, dans le cas où ils ne «zappent» pas carrément ces manifestations. Les candidats, semble-t-il, n'arrivent pas à drainer les foules ailleurs que dans leurs propres fiefs, c'est-à-dire, dans leurs régions natales. Le meilleur exemple attestant de cette réalité n'est autre que le déplacement de Bouguerra Soltani, un des leaders de l'Alliance de l'Algérie verte, qui était la semaine écoulée l'hôte de l'est algérien.
Il ressort de ce déplacement que, hormis la wilaya de Tébessa d'où il est issu, Soltani a dû «prêcher» devant une assistance clairsemée dont la plus faible est celle venue l'écouter à Annaba de mercredi dernier, lors du meeting à la salle Mohamed-Boudiaf. C'est dire que ce détachement qu'adoptent les citoyens, qu'ils soient de Annaba ou des autres wilayas, se décline d'ores et déjà tel un signe avant-coureur renseignant du faible taux de participation aux prochaines législatives.
En d'autres termes, l'abstention, ce spectre qui plane déjà sur le prochain rendez-vous des urnes et qui constitue une véritable hantise pour le ministre de l'Intérieur Daho Ould Kablia, «sera généralisée le jour du vote», a indiqué hier le politologue Ahmed Adhimi, contacté par nos soins.

Pas de modèles positifs parmi les candidats
Cet universitaire, très sollicité pour la pertinence de ses analyses politiques, explique qu'en raison de l'absence de profils positifs parmi la majorité des candidats en lice, à titre «de symbole adulé par la société», l'implication des Algériens à l'élection du 10 mai sera, de son avis, d'une infime proportion. «En Algérie, comme c'est le cas dans la majorité des pays du Tiers-Monde, il est avéré que l'on ne vote pas pour des programmes, mais plutôt pour des personnes», a affirmé notre interlocuteur. Et d'ajouter que s'agissant des candidats en lice pour les législatives de mai 2012,
«la majorité d'entre eux constituent des modèles négatifs», qu'il n'hésitera pas, d'ailleurs, à qualifier de «charlatans», pour certains. Ahmed Adhimi explique en outre que, pour cette élection qui avance à grand pas, les électeurs algériens ont affaire à trois catégories de candidats. «La première est celle des candidats issus des partis qui formaient, dans un passé récent, le triumvirat de l'Alliance présidentielle. Des partis, qui, après avoir accédé au sein des institutions de l'Etat, ont avoué qu'ils ne disposent pas de programme propre et qu'ils sont plutôt mobilisés pour l'application du programme du président de la République.
La deuxième catégorie est celle des partis qui ne connaissent d'éveil ou d'activités que durant les périodes des élections. Les candidats propres à ces partis sortent alors de leur torpeur et viennent promettre monts et merveilles aux Algériens. Ce faisant, leur comportement frise le ridicule. La troisième et dernière catégorie regroupe les nouveaux partis dirigés par des personnes inconnues de tous, rejetées pour la plupart par la société», a détaillé le Pr Adhimi, qui conclut que, compte tenu des spécificités caractérisant ces trois catégories, celles-ci ne sont pas à même de mobiliser un grand nombre d'électeurs pour le prochain scrutin.


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