Cupidité - Des individus avides de gain facile n'hésitent pas à abattre et à découper des arbres cinquantenaires en rondins (servant en général pour la découpe de la viande).
Ces personnes sans scrupules comptent les vendre sur le marché local aux citoyens à l'occasion de l'Aïd El-Adha. Cela se passe, selon une dépêche de l'APS, sur une frênaie située entre le chef-lieu de la wilaya d'El-Tarf et la localité de Bouteldja où on assiste depuis mardi à un abattage systématique. Ces frênes, produits d'un reboisement réalisé au lendemain de l'indépendance, constituent, à ce jour, un lieu de loisirs très prisé par de nombreux amoureux de la nature qui y trouvent un espace de détente avec des bancs pour personnes âgées, un terrain de pétanque ainsi que des pistes pour la pratique sportive et autres jeux pour enfants. L'abattage de ces arbres cinquantenaires suscite l'indignation des citoyens qui déplorent un tel «massacre», présenté comme un «énorme gâchis».
Intervenant sur le sujet, le conservateur des forêts, Mohamed Teyar, a indiqué qu'une autorisation de coupe a été délivrée à la Société des eaux et d'assainissement d'El-Tarf et d'Annaba (SEATA) pour la pose de conduites d'AEP, précisant que ses services suivent de près le déroulement de cette opération. Il a néanmoins affirmé qu'un itinéraire bien défini a été arrêté, d'un commun accord avec les services de la SEATA pour ménager la frênaie, avant de déplorer «l'absence de coordination» entre les différents services (Sonelgaz, SEATA, Télécom, travaux publics...) intervenant en sous-sol, ce qui aurait évité, selon lui, un tel massacre. Une intervention «intéressante», mais loin d'apporter une réponse à cette catastrophique situation.
Dès lors, le massacre continue au vu et au su de tous, encouragé par une réglementation laxiste qui a du mal à véritablement estimer les conséquences d'un tel «gâchis». D'autant qu'en début d'année déjà le conservateur des forêts de cette wilaya avait indiqué que les superficies forestières qui couvrent près de 165 000 hectares étaient «mises à mal» par une multitude d'interventions illicites.
Ce dernier avait expliqué dans une intervention que des individus «avides de gain facile» avaient défriché des dizaines d'hectares du cordon dunaire situé dans la commune de Berrihane pour les transformer en superficies agricoles destinées à la culture de pastèques, «sans se soucier des dégâts pouvant être causés à la nappe phréatique qui alimente en eau potable des parties des wilayas d'El-Tarf et d'Annaba». Un crime qui avait dès lors conduit la Conservation des forêts à poursuivre en justice, durant le premier trimestre de l'année en cours, une dizaine de personnes.
Les condamnations de 10 000 à 20 000 DA prononcées alors semblent loin de décourager ces criminels.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L S
Source : www.infosoir.com