
Ecrire, est-ce une contrainte 'Pour moi, l'écriture est une échappatoire. Lorsque je vois la réalité, je m'aperçois qu'il y a des choses que j'aimerais changer. Comme je ne peux les changer, je le fais à travers mes écrits en laissant libre cours à mes pensées, mes idées. Finalement à travers ces écrits, je crée un monde, celui que je veux.Qu'est-ce qui vous révolte dans ce monde 'Plein de choses. Je constate que nous vivons dans un monde en mutation. Il y a des changements qui s'opèrent. Parfois, on n'est même pas préparé au changement. Concernant la génération actuelle, je m'interroge si ces artistes sont préparés et assez armés pour affronter le monde extérieur. J'appréhende le comportement de certains artistes qui préfèrent évoluer dans la facilité, que ce soit dans le cinéma, le théâtre ou la chanson. C'est pour cela qu'il y a peu de création. Ils devraient prendre de la graine chez leurs aînés qui ont enduré pour se frayer un chemin dans le monde de la culture.On dit souvent de vous que vous êtes polyvalente, « femme » de la situation... Dans mon parcours professionnel, j'ai eu la chance de baigner dans le monde de la culture depuis plus de vingt ans. J'ai vingt-cinq ans dans ce domaine. J'ai commencé par le journalisme, puis l'audiovisuel, la production où j'étais directrice ensuite j'ai fait plusieurs expériences dans l'assistanat et des tentatives de réalisation très timides. J'ai atterri enfin au théâtre. Un monde qui m'a permis de tisser des liens cordiaux avec des gens extraordinaires. Sans omettre mon passage à l'ONCI qui m'a permis de connaître des artistes toutes disciplines confondues. J'apprécie mon travail au sein de cette institution où nous faisons et accomplissons un travail d'équipe.Qu'est-ce qui déclenche l'écriture chez vous 'L'écriture me parvient d'une façon spontanée. C'est finalement l'idée qui déclenche en moi l'écriture. J'aime bien écrire sur des sujets originaux. Mes écrits ont un rapport avec le conflit intérieur de l'Homme. Plus qu'une quête, mon écriture est une chasse intime et mentale. Je prends l'exemple du monologue « H'ta altem », campé par Sonia, qui raconte l'histoire d'une psychanalyste qui décide de se faire analyser par le public. Je dépeints un tableau de toute une société, à travers les patients. Un autre texte comme « Le testament du défunt », interprété par Badis Fodala, raconte l'histoire de Tahar, un homme simple et modeste. Son métier est certes singulier, mais ancestral et très humain. Badis Foudala campe le rôle du laveur de morts. Dans ce spectacle à rebondissements, le mort laisse une lettre à son laveur dans laquelle sont cosignées ses dernières volontés.Vos écrits peuvent-ils rendre ce monde meilleur 'Il y a un vieux dicton qui dit « donnez-moi un théâtre, je vous donnerai une nation ». Mes écrits me laissent voir un monde meilleur et à travers eux, j'essaie d'exposer nos différences, nos problèmes de société, la tare humaine. S'il y a une personne qui saisit le message que je véhicule dans mes écrits, j'estime que j'ai contribué à changer le monde.L'amour serait-il l'élément fondateur de votre écriture 'J'ai toujours milité pour l'amour de soi, les droits, notamment ceux de la femme. A travers cet amour je transmets un message, celui de la paix. Je crois en la paix, il ne peut y avoir de paix sans amour car tout commence par là. Lorsqu'on s'aime, on aime forcément les autres. Je tente de semer l'amour pour récolter la paix.Vos textes vous sont-ils inspirés par la réalité 'Je réponds par un exemple concret. C'est l'histoire d'un jeune qui a assisté au monologue « H'ta altem ». A la fin du spectacle, il est venu me voir en me disant que s'il ne m'avait pas vue devant lui, il aurait cru que je passais les trois quarts de mon temps dans les cafés. C'est dire que tous mes textes s'inspirent et puisent de la société, de la réalité.Vous écrivez sur quoi en ce moment 'J'ai présenté durant ce festival un texte de dramaturgie nommé « Essdaf » (La nacre), en arabe dialectal. La nacre est une pierre qui fait partie des pierres fines, semi-précieuses. C'est un texte que j'ai écrit il y a longtemps (une dizaine d'années), je l'avais écrit sous forme de monologue, autour du terrorisme. Je l'ai actualisé en intégrant de nouveaux éléments. C'est l'histoire d'une femme qui a des prétendants au mariage, elle se marie et fonde un foyer. Elle eut plusieurs enfants. Chacun de ses enfants l'aime à sa manière. C'est un hymne à l'Algérie, un cri du c?ur, un cri de douleur et de satisfaction car nous aimons notre pays.Vous avez assisté pratiquement à toutes les éditions de ce festival. Votre appréciation sur ce 4e festival 'A vrai dire, j'ai vu naître ce festival. Le commissariat de la première édition m'a honorée aux côtés de neuf artistes. Il y avait quatre pièces qui concourraient pour cette manifestation. Pour ce 4e, festival, vingt et un spectacles ont été présentés dont douze ont été sélectionnés. C'est énorme. C'est devenu un rendez-vous important, incontournable pour les femmes du monde du théâtre et même du cinéma. Une comédienne m'a sollicitée pour l'écriture d'un texte, afin qu'elle participe l'an prochain. Pour moi, si aujourd'hui, on atteint la cime des honneurs, c'est grâce au travail immense d'une grande dame, qui n'est autre que Mme Khalida Toumi qui a initié ces festivals. Elle était derrière plusieurs projets comme celui du festival du cinéma féminin qui était sur le point d'être constitutionnalisé. Précision, ce festival a été conçu par Mme Hafida Etayeb Nihal et il devait être domicilié à Cherchell.Le Théâtre régional d'Annaba porte le nom d'un éminent homme de culture qui n'est autre que Azzedine Medjoubi. Vous l'avez connu personnellement 'Il est l'un des rares hommes de théâtre qui ont tenté de mettre le 4e Art au diapason des mutations socioculturelles et intellectuelles du pays. Mieux encore, il avait simplifié le concept du théâtre. Il était doué dans son domaine. Il a toujours été à l'écoute du public, avec la simplicité du verbe et le génie populaire, tout en veillant à théâtraliser les faits de société. J'ai côtoyé Azzedine Medjoubi certes, mais je l'ai découvert réellement à travers son répertoire que j'ai beaucoup apprécié.Quelle est votre actualité artistique 'Je prépare l'écriture d'un texte comique intitulé « Qaraâ », (patiente !) qui traite de la politique culturelle en Algérie. J'ai un autre texte « Chouafa », (voyante). Il sera joué par le duo Badis Foudala - Fettouma Oussliha Bouamari.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S S
Source : www.horizons-dz.com