En quelques jours et pour la 2e fois consécutive, le procès de «E Hadja» est reporté. Il s'agit du pseudonyme dont on affuble S. Latraa, une femme de 45 ans, chef d'un vaste réseau de trafiquants de drogue dont les tentacules s'étendent sur plusieurs wilayas du pays.
Elle avait été condamnée par contumace en 1re instance à 20 ans de prison ferme pour trafic de drogue. Un 2e report que bon nombre de gens du prétoire imputent à la complexité du dossier, à l'implication d'un grand nombre de personnes, dont des responsables à différents niveaux des institutions de l'Etat et à la faculté d'El Hadja de se prémunir de toutes les pressions judiciaires. C'est que S. Latraâ n'est pas n'importe quel chef de bande de trafiquants. Durant une vingtaine d'années, elle avait défrayé la chronique nationale de par ses relations étroites qu'elle entretenait et dans la rigueur qu'elle appliquait dans l'animation et ses relations avec plusieurs réseaux européens et maghrébins de trafic de stupéfiants. Même si elle est loin d'être Pablo Escobar et que son réseau n'a rien du cartel de la drogue de Medellin, elle n'en a pas moins adopté la stratégie des trafiquants colombiens. Notamment dans le domaine de la communication. Ce qui lui permettait à chaque fois de déjouer les pièges tendus par les services de sécurité tant pour faire passer et commercialiser en Algérie d'importantes quantités de kif traité que pour son arrestation. S'approvisionnant principalement au Maroc via les frontières terrestres Ouest, El Hadja comptait des complicités haut placées dans les rouages du royaume chérifien et de l'Etat algérien. Elle était devenue pratiquement insaisissable grâce à des informateurs bien payés. Ni les enquêtes et les perquisitions lancées dans ses différents et nombreux pieds à terre ou résidences disséminés à travers plusieurs wilayas ni les nombreuses arrestations opérées dans sa bande par les services de sécurité n'ont pu lézarder le fortin qu'El Hadja a réussi à ériger autour de son réseau. Dénoncée par ses comparses, elle aurait dû être arrêtée et jugée en même temps qu'eux. Mais El Hadja avait plus d'un tour et de moyens financiers dans son sac. Sa condamnation par contumace à 20 ans de prison ferme, il y a quelques années, ne fait aucun effet sur elle. Après avoir laissé passer l'orage et même si une brochette de ses lieutenants avait été arrêtée, S. Latraa, se croyant intouchable, reprit son trafic de drogue. Activement recherchée depuis, elle est tombée fin mai 2011 à Annaba. Elle avait été cueillie au moment où elle négociait la vente d'une importante quantité d'or. Selon des proches, l'équivalent de cette vente en devises devait lui ouvrir la route de pays étrangers pour mettre une distance entre elle et la justice algérienne. Elle devait transiter quelques mois en Tunisie avant de partir pour la France. Son arrestation avait été rendue possible grâce aux révélations faites par ses lieutenants. Avant leur condamnation à de lourdes peines de prison ferme, ces derniers avaient fourni d'importants détails sur les habitudes d'El Hadja. Sa manière et les méthodes qu'elle utilisait pour ses déplacements. Ses contacts et rapports humains avec certains de ses proches avaient été analysés pour être exploités contre elle et ont amener à son interpellation. Il était également question de son train de vie élevé. El Hadja aimait le luxe et n'hésitait pas à mettre le prix pour l'acquérir. Ce que devait confirmer les résultats des perquisitions effectuées par la police des stupéfiants à diverses adresses dans différentes régions du pays où El Hadja se planquait à chaque fois. Il a fallu une étroite collaboration entre les différents services de sécurité pour la localiser, mais à chaque fois, elle arrivait à se volatiliser. Même si cela a duré plusieurs années, El Hadja est finalement tombée. Acculée par les services de sécurité spécialistes de la lutte contre les stupéfiants, son réseau de trafic de drogue démantelé et n'ayant plus les ressources financières pour payer ses «couvertures», elle était tombée à Annaba. Il a fallu beaucoup d'opération de filatures de ses proches et de patience des élément de la brigade des stupéfiants de Annaba pour atteindre ce résultat. Placée en détention provisoire à Annaba, El Hadja s'impatienterait, selon des indiscrétions proches du dossier, de voir se tenir son procès qui certainement fera grand bruit. Si pour des magistrats proches du parquet, la culpabilité de S. Latraa ne fait aucun doute quant à son implication directe dans le trafic de drogue, d'or et de devises et la constitution de bande de malfaiteurs, motifs pour lesquels elle avait été condamnée par défaut en 1re instance à 20 ans de prison. Ses avocats ont la certitude d'avoir le nécessaire pour plaider les circonstances atténuantes. Selon les mêmes indiscrétions, El Hadja était disposée, au moment de son arrestation, à donner la liste des complices hauts placés qui, dans le makhzen marocain et dans les rouages des institutions algériennes, lui assuraient une certaine immunité. Cette fois, elle est bien prise dans les mailles du filet judiciaire. Selon nos sources, des preuves irréfutables attestant de son implication directe dans le trafic de stupéfiants en Algérie figurent au titre d'arguments avancés par l'accusation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com