La prédominance de l'informel dans le marché des fruits et légumes explique l'inflation malgré l'abondance des produits. Selon les chiffres officiels, 65% des produits agricoles mis sur le marché échappent au contrôle.Il y a eu, certes, au cours des premiers mois de l'année une baisse de l'inflation, avec moins de deux points en mai dernier, par rapport à mai 2012 (6,9% contre 8,9%), mais ce taux reste important par rapport à plusieurs facteurs, notamment l'abondance de la production agricole. Entre janvier et mai 2013, il y a eu une hausse de l'indice des prix à la consommation de l'ordre de 4,8% en raison d'une augmentation généralisée des prix des produits agricoles et industriels. Cette tendance n'est pas à exclure pour les mois à venir, notamment juillet et août qui coïncident avec le Ramadhan.
Une période connue pour être celle de tous les excès que ce soit en termes de consommation ou de prix appliqués sur le marché. C'est aussi une période durant laquelle les pouvoirs publics se rappellent la nécessité d'adopter un système de régulation des prix, alors que le problème des fluctuations inexpliquées se pose tout au long de l'année. Idem pour l'absence des mécanismes de régulation et de lutte contre toutes les formes de spéculation, particulièrement sur le marché des fruits et légumes. Sinon comment expliquer ce paradoxe entre l'abondance de la production et la variation fulgurante des prix, parfois d'une semaine à l'autre ' La prédominance de l'informel dans ce marché explique, entre autres, cette situation, puisque selon les chiffres officiels, 65% des produits agricoles mis sur le marché échappent au contrôle.
Et ce, faute d'espaces commerciaux en bonne et due forme au niveau des communes où les marchés ambulants et autres commerçants illégaux continuent à faire la loi, mettant même en danger la santé du consommateur. Mais chez nos responsables, ce n'est qu'à l'arrivée du mois de carême que l'on se réveille et que l'on s'aperçoit de la nécessité de mettre en place les structures commerciales qu'il faut en accentuant le débat sur cette question. «L'arrivée des nouveaux marchés de proximité contribuera à stabiliser les prix», avait indiqué le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, à la veille du mois sacré, à partir de Annaba, appelant ses services à intensifier le contrôle au cours de cette période. De son côté, le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, a tenu à rassurer quant à la disponibilité des produits alors que c'est clair : les fruits et légumes saisonniers sont largement disponibles sur le marché (sauf dans certains cas exceptionnels). L'agriculture, qui a bénéficié d'importants financements, a certes vu les rendements augmenter, mais sans impact sur les prix.
Quid du plan d'action pour la maîtrise des marchés '
Si dans les bilans présentés périodiquement par le département de Benaïssa, on évoque la hausse des enveloppes allouées à l'amélioration de la production des filières agricoles, l'impact est quasi nul sur le marché. En d'autres termes, les rendements n'influent pas sur les prix. Qu'il y ait bonne ou mauvaise récolte, les prix atteignent souvent des cimes. Même les fellahs ne sortent pas gagnants de l'affaire. En somme, les prix subissent les variations sans aucune explication convaincante, du moins en période d'abondance. Si pendant la phases de soudure, les fluctuations trouvent leur origine dans la baisse des stocks (d'autant que les moyens de stockage ne sont pas suffisants), ce n'est pas le cas pour d'autres périodes. En multipliant les déclarations et les sorties autour du couffin de Ramadhan (prix, disponibilité'), nos responsables ont toujours eu du mal à juguler le phénomène inflationniste, et ne cherchent qu'à cacher ce qui est clair. Ils ne font aussi que contribuer à créer cette tension et cette pression sur le marché.
Et pourtant, le problème n'est pas conjoncturel, mais plutôt d'ordre structurel. Les Algériens, qui ont vu leurs augmentations salariales absorbées par les hausses des prix, aspirent plutôt à voir la mise en place d'un système de régulation efficace et non pas à entendre des promesses de baisses de prix à chaque occasion ou à bénéficier de l'ouverture de marché de solidarité l'espace d'un mois. Le pouvoir d'achat subit l'érosion pendant douze mois et non en trente jours seulement. D'où d'ailleurs, cette persistance de l'inflation. Avec l'Aïd, les vacances et la rentrée scolaire, la situation risque de se gâter davantage. Elle restera ainsi tant que les solutions efficaces continueront à se faire attendre. Dans ce sillage, il faudrait rappeler le plan d'action promis pour la maîtrise des marchés par le secrétariat d'Etat chargé de la Prospective et des Statistiques. Un plan apparemment toujours au stade de la réflexion ou peut-être mis aux oubliettes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.elwatan.com