
Mohamed RahmaniIls étaient, hier, près d'une centaine à manifester dans les rues d'Annaba, agitant des banderoles et criant à gorges déployées leur détresse et leur misère pour réclamer leurs droits. Ce sont les retraités de l'Armée nationale populaire (ANP) qui s'étaient auparavant rassemblés au niveau du Cours de la Révolution, c?ur battant de la ville, pour ensuite marcher sur le secteur militaire en empruntant les voies principales où la circulation avait été légèrement ralentie.Les manifestants brandissant des banderoles et des drapeaux ont sillonné les rues attirant des curieux et des passants qui avaient cru un temps qu'il s'agissait là d'une manifestation des partisans du mouvement «Barakat». Mais les slogans inscrits sur les banderoles indiquaient que les protestataires sont des retraités de l'ANP, des mutilés et des ayant-droits des victimes de la décennie noire. Un des meneurs criait des slogans et les manifestants répétaient à l'unisson tout en marchant : «Nous voulons nos droits, non à la hogra, nous avons servi l'Algérie. Où est-tu Boumediène ' Ils t'ont trahi, où est El Houkouma ' Où est Bouteflika '» La foule n'a, à aucun moment, débordé sur les trottoirs ou commis quelque acte répréhensible. Les policiers, en uniforme ou en civil, suivaient la marche et certains s'y étaient mêlés pour mieux contrôler le mouvement avant que celui-ci ne se transforme en sit-in devant le siège du secteur militaire. Là, les forces de l'ordre étaient présentes en force et avaient l'?il sur tout. Un fourgon plein à craquer de policiers en tenue d'intervention était stationné pour parer à toute éventualité, des agents étaient postés de sorte à prévoir tout débordement, d'autres étaient en civil et surveillaient tout. Les militaires étaient aux fenêtres et regardaient le mouvement, certains saluaient des camarades qu'ils connaissaient, d'autres se contentaient d'observer.«Nous sommes-là pour demander une revalorisation des pensions misérables qu'on nous a allouées. Nous avons combattu et lutté pendant des années contre l'hydre terroriste qui menaçait d'engloutir tout le pays, certains parmi nous sont estropiés, il y en a qui ont perdu les deux jambes, d'autres un bras, et d'autres sont devenus aveugles. Il y en a qui sont morts assassinés par la horde terroriste. Nous demandons une reconnaissance et une pension qui nous permettra de vivre dignement. Nous avons protégé ce pays, nous ne sommes pas là pour semer des troubles ou faire de la casse. Comme vous voyez, le mouvement est pacifique», dira un des manifestants. Vers 12h, le mouvement était encore devant le secteur militaire.M. R.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com