
Le tribunal correctionnel d'Annaba a rendu, jeudi dernier, son verdict dans l'affaire dite du président de la Chambre de commerce et d'industrie Seybouse.Ainsi des peines de prison ferme de 5 ans assorties d'une amende de 5 000 DA ont été prononcées à l'encontre du président de la CCI et de son chauffeur et de 12 et 10 ans à l'encontre respectivement du policier et du trafiquant de drogue impliqués dans le sombre complot qui a visé le directeur de la rédaction du quotidien arabophone Essarih.Un cinquième comparse, qui n'est autre que le frère du dealer condamné et qui est demeuré introuvable, écope, quant à lui, de 15 ans de prison ferme par contumace. Des peines auxquelles s'attendait pratiquement tout le monde à Annaba, au vu de la gravité de l'affaire jugée et du lourd réquisitoire du parquet lors du procès pour "association de malfaiteurs", "abus de fonction", "conspiration" et "trafic de stupéfiants", qui s'est tenu le jeudi 3 novembre dernier. Le procureur de la République avait demandé, rappelons-le, entre 10 et 15 ans de prison ferme pour les 4 accusés et leur complice en fuite. Pour retracer cette affaire aux relents mafieux, rappelons qu'un policier relevant de la sûreté de wilaya d'Annaba, qui s'est avéré agir pour le compte du président de la CCI, a tenté de compromettre le journaliste Khemici Ghanem dans une affaire de trafic de drogue en lui imputant à tort la rétention de 7 bâtonnets de kif. Le policier indigne a pu être démasqué par ses propres collègues, notamment par le chef de sûreté de wilaya, lequel a réussi à le confondre et à lui faire avouer qu'il avait monté de toutes pièces cette cabale contre une forte somme d'argent. Avant d'être placé en détention préventive pour fabrication de preuves et maltraitance envers un citoyen, ledit policier a dénoncé son commanditaire, c'est-à-dire le propre chauffeur de Tayeb Sahtouri et un autre acolyte impliqué dans diverses affaires de trafic de stupéfiants, chez qui celui-ci se serait procuré la quantité de kif, objet du délit. Une combine cousue de fil blanc telle que présentée devant la justice mais qui n'a pas convaincu grand monde à Annaba, ville où Tayeb Sahtouri est très connu et dont il est le premier vice-président de l'APC en plus d'occuper le poste de président de la Chambre de commerce et d'industrie régionale.Nombreux sont, en effet, les Annabis, qui n'arrivent pas à admettre que ce personnage ait pu être impliqué et encore moins être à l'origine d'une telle conspiration visant à nuire à un journaliste, d'autant plus que Khemici Ghanem est, comme lui, un militant du FLN et qu'il est membre de l'APW d'Annaba.Cette appartenance à la même chapelle politique serait-elle à la source d'une lutte intestine à la veille des prochaines élections locales et aurait-elle poussé Sahtouri à commettre l'irréparable en vue d'éliminer un adversaire ' C'est là l'une des questions qui reviennent sur la place publique après l'annonce du verdict de ce procès, dont on n'ignore si l'une ou l'autre des parties fera appel ou non.A. Allia
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Allia A
Source : www.liberte-algerie.com