Annaba - A la une

Des actes planifiés



Des actes planifiés
Ces derniers jours à Annaba comme à El-Tarf, la wilaya voisine, la mode est à qui sèmerait le trouble à l'ordre public, outragerait les représentants de l'ordre, incendierait les lieux et institutions représentatives de la République, interdirait les libertés individuelles.
Comme si elles ont été planifiées dans quelque coursive de politicards, ces opérations sont récurrentes. Elles sont le fait de quelque dizaines d'individus, majoritairement des repris de justice. Faute de sanctions pénales à la mesure de l'un, de l'autre ou de l'ensemble de ces délits transformés en un quotidien, les auteurs ne sont nullement inquiétés. Ils trouvent comme argument à leurs actes, la déception des familles n'ayant pas été portées sur la liste des attributaires de logements sociaux. Ces derniers étant considérés comme un butin à partager même avec ceux qui n'ouvrent pas droit. Et c'est le cas pour la plupart de ceux exclus desdites listes à Annaba, à El Tarf où ailleurs. Après enquête, il s'est avéré que ces «exclus» sont des déjà recasés dans le cadre de l'éradication de l'habitat précaire, recasement ou bénéficiaires de logements ruraux. D'autres, notamment les nouveaux arrivés dans la wilaya, ont profité du laxisme des représentants de l'état pour construire de nuit une baraque et s'y installer. Il y a ceux, et ils sont nombreux, ayant bénéficié d'un logement décent aussitôt rétrocédé pour revenir réoccuper leur baraque non démolie dans leur ancien bidonville. Ce sont ceux-là qui étaient derrière les émeutes de la cité Didouche Mourad de Annaba ou à El Kala dans la wilaya d'El Tarf. Que ce soit dans l'une ou l'autre de ces wilayas, interrogés, plusieurs anciens habitants des quartiers touchés par les violences de jeudi et vendredi derniers ont affirmé ne pas connaître la plupart des énergumènes arrivés de nulle part. «Nous n'avons rien à voir avec ces individus. Bien que déçus de ne pas figurer sur la liste des attributaires de logements sociaux locatifs, nous acceptons la décision de la commission de daïra car ce sont nos voisins ou des membres de nos familles qui ont bénéficié des logements et ils le méritent. Hier c'était leur tour, le nôtre viendra au fur et à mesure de la réception des projets achevés. Il est grand temps que l'état réagisse à l'encontre de ceux qui sèment le trouble. Trop c'est trop», a estimé un des habitants de Didouche Mourad, une des plus vieilles cités de Annaba. C'est une déclaration similaire qui a été faite par plusieurs habitants d'El Kala. La plupart s'interrogent sur l'identité des manifestants et doutent même de leur appartenance à cette ville frontalière de la wilaya d'El Tarf. Une ville connue pour l'hospitalité légendaire de ses habitants, leur joie de vivre et surtout leur nationalisme à fleur de peau. Dans l'une comme dans l'autre de ces wilayas, beaucoup se sont étonnés de la simultanéité des émeutes, de la planification des actes de violence et du choix des lieux publics à incendier. Qui est derrière ces tentatives de faire couler le sang des Algériens ' La réponse est à chercher dans une information donnée récemment par un confrère. Dans son écrit sur la tentative d'émeutes à l'avenue de l'ALN la semaine écoulée où plusieurs policiers ont été blessés, il avait souligné la présence de plusieurs personnes connues pour leur appartenance à un parti politique et à une association de la famille révolutionnaire. Ce sont ces mêmes personnes que l'on retrouve à chaque mouvement de mécontentement des habitants. Elles étaient également derrière l'incident enregistré jeudi dernier en plein centre-ville d'Annaba. Une jeune émigrée, accompagnée d'un membre de sa famille, avait failli être lynchée. Son tort est d'avoir cru en le respect des libertés individuelles. Or, si cette jeune fille n'a pas été inquiétée par les représentants de l'ordre, ce sont les meneurs du parti politique en question qui ont ameuté les délinquants de cette rue commerçante. Constamment aux aguets de la moindre occasion pour voler, agresser ou semer le trouble à l'ordre public, ces délinquants, des repris de justice pour la plupart pourtant connus des services de sécurité, ont appelé les passants à la rébellion. Oublieux le fait qu'ils représentent eux-mêmes une atteinte aux percepts de notre religion, plusieurs d'entre eux, toujours à l'instigation des meneurs attitrés issus d'un parti politique, criaient à la lapidation de la jeune émigrée. Avec son compagnon tout aussi jeune, ils ont été sauvés par un bijoutier qui, dans son local, les a préservés jusqu'à l'arrivée de la police. Actes d'atteinte à l'ordre public planifiés, vols, agressions et rackets des estivants, vacanciers et touristes sur les plages, sur le Cours de la Révolution, dans les rues et ruelles commerçantes en centre urbain, est-ce à dire qu'il n'y a plus de sécurité à Annaba et à El Tarf qui vit une ambiance similaire ' Bien que le dispositif sécuritaire ait été renforcé, l'on a l'impression que rien n'a changé. Sous la couverture de vendeurs à la sauvette et comme s'ils étaient certains de l'impunité, les délinquants poursuivent toujours leurs émeutes, leurs occupations de la voie publique, des trottoirs et leurs abords ainsi que des plages. Est-ce à dire que les policiers font tout simplement partie du décor du fait qu'ils ne peuvent intervenir sous peine de se faire rabrouer par leurs supérieurs ' Est-ce parce que les magistrats ne sanctionnent pas assez fort ces délinquants ou parce que les prisons sont saturées '
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