Que se passe-t-il à l'université Badji-Mokhtar où ces derniers temps circulent de faux ordres de mission barrés de bandes verte et rouge avec cachet humide portant en-tête du ministère de la Défense, de la direction des renseignements et de la sécurité de Annaba et d'une unité de contre-espionnage '
Université où également il est question de fréquentations assidues de personnes étrangères sans relation pédagogique ou professionnelle avec une quelconque faculté, département ou administration. Il y a également la présence dans l'enceinte de cette institution de plus de 45 000 étudiants, d'autres prétendument gérants ou employés de fast-foods mobiles qui, après l'expulsion des anciens, paraissent médiocrement intéressés par la commercialisation des produits de restauration qu'ils sont censés pratiquer. Les faux ordres de mission existent bel et bien tout autant que d'autres documents du même ministère. «Dans l'enceinte de l'université Badji-Mokhtar, l'on peut tout avoir en termes de documents de ministères de souveraineté pour peu qu'on y mette le prix ou que l'on soit membre d'un mouvement estudiantin», ont affirmé des étudiants dont un était en possession du vrai-faux ordre de mission. Seraient aussi en circulation des cartes professionnelles d'officiers de différents grades et sous-officiers, et d'autorisations de port d'arme. Si elle ne permet pas au visiteur de buter au coin d'un amphithéâtre ou d'un département sur un agent de la DRS, une promenade dans l'enceinte d'une des 7 facultés de l'université Badji-Mokhtar donne une idée du malaise qui paraît s'y être installé. Et comment il n'en serait pas ainsi lorsque n'importe qui peut prétendre être un James Bond algérien, qu'il a la faculté d'intervenir au gré de son humeur et de disposer d'un document dont nul ne pourrait déceler qu'il est faux. Il faut dire que pour le commun des mortels, le vrai-faux ordre de mission ne diffère presque en rien de l'authentique. Il y est même fait référence «d'un arrêté du 28 juin 1980 et du décret 2006-781 du 3 juillet 2006 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les déplacements temporaires des personnels civils». Et comme pour éviter toute suspicion, les concepteurs ont pris le soin d'y apposer une empreinte digitale et l'adresse de la direction émettrice qui serait l'unité militaire de la Ve Région. L'empreinte digitale du bénéficiaire de l'ordre de mission y est apposée. C'est dire que le commun des mortels n'y verrait que du feu. Nos sources ont dénoncé la circulation d'un nombre important de fausses cartes militaires d'officier supérieur et sous-officier du renseignement ou du contre-espionnage algérien. A quel dessein obéit l'établissement de ces faux ' D'autant que des étudiants interrogés indiquent que cette affaire de faux documents militaires a débuté avec les derniers appels via facebook à la désobéissance civile, à des manifestations et après l'interpellation par les services de sécurité de certains de leurs camarades qui avaient tenté une marche. Mais quelle est donc cette association qui apparaît et disparaît dans l'enceinte de l'université de Annaba au gré des conjonctures politiques et sécuritaires dans notre pays ' A qui obéit-elle et quel objectif poursuit-elle' Des questions et bien d'autres que chacun des étudiants se pose. D'autant que sur le vrai-faux ordre de mission établi le 15 septembre 2011, il est mentionné le numéro d'immatriculation et le type d'arme en possession du bénéficiaire durant la période de service. Il est question de «lieutenant- chef» ayant pour mission d'intégrer l'université Badji- Mokhtar armé d'un «CAP 9mm» référencié 702. Nos sources se perdent en supputations sur tel ou tel autre association ou organisation estudiantine qui serait à l'origine de la mise en circulation de ces vrais- faux documents de l'armée algérienne. D'autres parlent de la réactivation du réseau embryonnaire composé d'étudiants yéménites. Trois d'entre eux avaient été interpellés il y a quelques années à Annaba. Ils avaient été accusés d'utilisation illicite du réseau téléphonique d'Algérie Télécom. L'enquête entamée par la suite avait fait ressortir qu'outre le Yémen, leur pays d'origine, ces étudiants étrangers avaient pris plusieurs fois langue avec des interlocuteurs en différents pays du monde dont le Pakistan, les Etats-Unis, l'Afghanistan' Depuis, on n'en sait pas plus même si les 3 étudiants yéménites dont un avait depuis longtemps dépassé l'âge limite généralement admis pour des potaches, ont été condamnés à de sévères peines de prison ferme par le tribunal correctionnel de Annaba. Mais qui donc tire les ficelles dans une université d'Annaba où le mécontentement s'amplifie à l'image de celui des étudiants du département mines en grève depuis plusieurs semaines pour un problème de magistère ' Cette affaire de faux documents du ministère de la défense en circulation au niveau de l'université Badji-Mokhtar de Annaba a laissé perplexe plus d'un. Elle prête même à l'inquiétude chez les étudiants dont le seul objectif est la recherche du savoir loin des politiciens et des politiques.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com