
Gaà'd Salah a fini par réagir pour mettre fin aux rumeurs et accusations dont il fait l'objet depuis plusieurs semaines dans une mise au point en règle parue dans le dernier numéro d'El-Djeà'ch.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Le texte, contenu dans l'éditorial de la revue de l'ANP, décortique, point par point, toutes les accusations dont il a été la cible en usant de termes sans équivoque. L'un des passages, le plus important d'ailleurs, consiste à démentir toutes les informations en cours depuis la fin de l'été dernier et qui prêtent au chef de l'état-major de l'ANP des intentions politiques qui s'écartent de ses prérogatives et l'auraient impliqué dans des «scénarios» entrant dans le cadre d'une guerre de succession au plus haut sommet de l'Etat.Des partis politiques ont même soulevé la problématique lors de conférences de presse, alertant l'opinion publique sur l'existence de «conciliabules» visant à mettre en place un plan tout cousu pour la prise de pouvoir en cas de disparition du président de la République, affaibli par sa maladie. Certains d'entre eux ont désigné nommément l'ancien secrétaire général du FLN Ammar Saâdani mais aussi Gaà'd Salah comme ayant pris part à des rencontres secrètes qui se seraient déroulées à la fin de l'été dernier à Annaba.Certains médias étrangers qui avaient révélé ces faits au même moment avaient évoqué l'existence de ce qu'ils appelaient «le clan de Annaba» pour faire référence à la réunion qui se serait déroulée. Et c'est sur ce point que s'étend précisément l'éditorial d'El-Djeà'ch qui évoque quant à lui l'existence de «parties habituées à pécher en eau trouble qui ne s'embarrassent pas de laisser libre cours à leur imagination, élucubrations, interprétations et à leurs divagations en inventant des histoires de toutes pièces dont la finalité n'est autre que de vouloir porter atteinte à la crédibilité, l'unité, la discipline et l'engagement de l'ANP à accomplir ses missions constitutionnelles». «Ces voix, poursuit le texte, s'élèvent de temps à autre pour tenter de semer la zizanie et la discorde alors que l'ANP poursuit ses missions constitutionnelles avec détermination, persévérance et dévouement pour préserver la souveraineté nationale et l'inviolabilité du territoire.» Par ces derniers propos, El-Djeà'ch veut aussi et surtout mettre fin à toutes les spéculations apparues après la destitution de Ammar Saâdani dans des conditions peu flatteuses puisque de nombreux observateurs de la scène politique algérienne ont émis l'hypothèse selon laquelle le départ inattendu du secrétaire général du FLN ouvrait, peut-être, la porte à d'autres changements touchant les personnalités développant des ambitions politiques ou s'inscrivant dans la liste des candidats potentiels à la présidentielle.Gaà'd Salah s'en défend officiellement et publiquement aujourd'hui et jette la pierre à ces mêmes parties, ses détracteurs les accusant d'être à l'origine d'un appel ouvert à «l'armée à violer la Constitution et la loi afin qu'elles puissent réaliser ce qu'elles n'avaient pu obtenir par des voies constitutionnelles, légales et démocratique». Une référence on ne peut plus claire à l'appel lancé par un groupe de personnalités pour la destitution de Bouteflika par l'application de l'article 88 de la Constitution suite à son hospitalisation au Val-de-Grâce. Ce que l'on remarque, d'autre part, c'est qu'à travers cette mise au point, Gaà'd Salah tente également de rassurer publiquement «son ami» Bouteflika en démentant toute velléité politique ou entorse à son serment de fidélité envers lui, le rassurant sur son dévouement au moment où le président de la République reprend du poil de la bête. Pour beaucoup, la décision de Bouteflika de reprendre ses sorties publiques et de réapparaître sous l'image d'un Président capable de gérer les affaires de l'Etat après une très longue absence qui a ouvert la voie à toutes sortes de spéculations est une réponse à ses détracteurs et destinée à faire barrage à toutes les manœuvres dont on fait état depuis l'été dernier. Cette situation a d'ailleurs donné lieu à des changements perceptibles qui se sont traduits par le départ de Ammar Saâdani que l'on présentait comme étant très proche du clan présidentiel et doté de la mission de porte-parole officieux d'un pouvoir en panne de communication en raison de la maladie du chef de l'Etat, mais aussi le retour de Abdelkader Zeghmatine.Ce magistrat, traîné dans la boue et écarté de son poste après l'émission d'un mandat d'arrêt contre Chakib Khelil, a été récemment nommé à la Cour suprême où subsistent des dossiers chauds soulevant surprise et interrogations dans cette conjoncture où les dérives se sont accumulées, incitant même Bouteflika à tendre l'oreille à ceux qui n'étaient pas parvenus à lui transmettre un message urgent il y a une année.Selon certaines informations, un membre des 19, ce groupe de personnalités qui avaient sollicité une audience pour lui faire part de leurs inquiétudes sur l'instabilité du pays a été récemment reçu par le chef de l'état. La conjoncture veut que la discrétion ait entouré cet évènement. Et il pourrait en découler d'autres. Dans ce contexte, Gaà'd Salah tenait visiblement à faire taire toutes les voix discordantes et retrouver l'image d'ami dévoué.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A C
Source : www.lesoirdalgerie.com