Annaba - A la une

Contraintes climatiques et organisationnelles



Alors que les préparatifs de la campagne agricole de la tomate industrielle sont à leurs débuts, pour les fellahs-producteurs de la wilaya de Annaba, l'une des quatre principales régions du pays (Annaba, El Tarf, Guelma et Skikda) productrices de ce genre de tomate destinée à la transformation, les contraintes s'accumulent.A la sécheresse persistante qui menace la production, les producteurs sont, en outre, confrontés à des limitations drastiques au forage de puits pour pouvoir irriguer leurs champs. Même le peu de retenues collinaires servant encore ces dernières années à l'appoint en irrigation sont aujourd'hui, pour la majorité, à sec.
Pour la centaine de ce système d'irrigation primaire, réalisée durant les années 1980 et 90, on estime de source officielle que près de 60% étaient abandonnées depuis des années. De même que sur les milliers d'hectares destinés à cette filiale, moins de 100 hectares bénéficient d'une irrigation du système du goutte-à-goutte !
D'autres problèmes sont évoqués par les intéressés à l'exemple de la cherté des semences, dépassant les 10.000 dinars le kilogramme, et autres intrants. A cela s'ajoute, selon leurs dires, le non-règlement, à ce jour, de leurs dus pour la précédente campagne 2019. Ils estiment, en outre, que le tarif fixé à 16 dinars, auxquels s'ajoute une subvention accordée par l'Etat à hauteur de quatre dinars le kilogramme de tomate fraîche livrée à la conserverie n'arrive plus à couvrir les frais qu'ils engagent durant la campagne, de son début jusqu'à sa fin.
L'autre difficulté est celle de l'indisponibilité de la main-d'?uvre. « Même à 2 000 dinars la journée, on n'arrive pas à trouver des personnes pour la mise en terre des semis ou la cueillette du fruit. D'où la nécessité du recours à la mécanisation. Mais à quel prix ! La machine qui effectue ce travail de mise en terre des semis et de cueillette coûte extrêmement cher.»
Quelques-uns des acquéreurs de ces engins, en général des conserveurs disposant aussi d'exploitations et de pépinières, établis dans les wilayas de Guelma et Annaba, en possèdent. Pour ce service, ils font payer cher le fellah réalisant ainsi de gros bénéfices au détriment de ce dernier, ne disposant en général que de petites parcelles destinées à cette filière. Au vu de ce qui précède, la présente campagne de la filière tomate industrielle, dont le lancement est prévu dans quelques jours, risque de connaître quelques obstacles.
Face à toutes ces contraintes, tabler sur une prévision d'autosatisfaction des besoins nationaux fixés à quelque 120 000 tonnes de DCT (double concentré de tomates) encore moins de possibilités d'exportation dont en parle depuis des années, relève d'une chimère.
A ce rythme et de cette façon, l'importation du triple concentré de tomates (TCT) se poursuivra sans doute. Pourtant, elle devait être stoppée ces dernières années mais a quand même continué, malgré des assurances en ce sens du ministre de l'Agriculture de l'époque.
Aux services administratifs, notamment les Directions des services agricoles (DSA), agriculteurs-producteurs, conserveurs et pépiniéristes de mettre sur la table l'ensemble de leurs préoccupations relatives à cette filière agricole stratégique.
Ils sont condamnés à se donner la main pour réussir la bataille de la production d'un condiment nécessaire à la cuisine algérienne et dont la demande ne cesse de s'accroître d'année en année.
A. Bouacha
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