
Si pour un peu plus de 4 500 sidérurgistes en poste au complexe sidérurgique El Hadjar anciennement ArcelorMittal, l'échéance de la mi-octobre 2016 sera respectée pour la relance de la production de l'acier liquide, cet optimisme n'est pas partagé par les anciens.Ces derniers argumentent l'absence de toute activité liée à la sidérurgie au niveau du quai Sud occupé à longueur d'année pour les besoins du déchargement de la matière première destinée au Haut Fourneau et autres installations de production. Depuis bientôt une année, cette partie importante de la surface d'entreposage du port de Annaba, n'active toujours pas. Courant 2014 jusqu'à octobre 2015, ArcelorMittal avait multiplié les marchés pour l'importation des produits finis (rond à béton et fil à machine).Le blocage tacite de la production des Pipes et Tubes de sa filiale de production (AMPTA) réalisée avec l'application d'un prix de vente élevé, avait fait fuir Sonelgaz et Sonatrach deux de ses plus importants clients. La même stratégie de démotivation des clients a caractérisé les filières rond-à-béton et fil machine. C'est que, malgré les multiples aides de l'Etat, notamment l'exonération d'impôts fiscaux et parafiscaux, la réduction sur les matières énergétiques et l'eau ainsi que celle des effectifs marquée par les départs à la retraite, les prix de ces deux produits sont restés anormalement élevés.La stratégie appliquée par l'associé indien à 70% du capital social d'abord durant treize années puis à 49% (avec main mise sur la gestion) dès 2014, avait été de tout temps, dénoncé par Aïssa Menadi d'abord puis Smaïn Kouadria les secrétaires généraux successifs du syndicat de l'entreprise. Mis en accusation, le groupe ArcelorMittal a fait la sourde oreille. Il a poursuivi sa stratégie à moyen terme destinée à tirer vers le bas la production sidérurgique nationale. La fermeture de la cokerie avait été sa première offensive. Puis comme si cela obéissait à un plan digne de Machiavel, les installations de production réduisirent leur capacité de production respective.De globalement 800 000 tonnes/an d'acier liquide à sa prise en main du complexe sidérurgique El adjar en 2001, Arcelor baissa la production à 300 000 tonnes à octobre 2015. Il argumenta la saturation des installations. Les deux autres filiales Pipes 1 Tubes et Mines de Tébessa étaient confrontées à la même problématique. Et comme si les décideurs algériens portaient des ?illères, il n'y a eu aucune réaction à même de dénoncer le non-respect de la clause portant sur le transfert de technologie et encore moins du savoir-faire. Pis, ArcelorMittal exploita le savoir-faire des sidérurgistes algériens placés sous la responsabilité de gestionnaires administratifs majoritairement indiens.De l'autre côté, ce même opérateur multipliait les importations de produits finis en provenance de ses filières européennes. D'où, l'appréhension généralisée quant à l'échec de la reprise de la production de l'acier liquide au complexe sidérurgique El -Hadjar. L'opération est programmée pour la mi octobre 2016. C'est que l'Indien ArcelorMittal et ses «agents» sont toujours sur le site. Selon nos sources, remises en service, les installations de production du complexe El- Hadjar devraient contribuer dès 2017 au produit national intérieur brut à hauteur de 10%.Pour l'heure, avec l'arrêt total de la production, le gouvernement a perdu de sa prédominance sur le marché national des produits sidérurgiques. Autre conséquence, sous la pression de la multitude de projets de développement et de sa politique de relogement, le gouvernement est contraint d'investir des milliards de dollars pour importer ses besoins en produits sidérurgiques. Ce même gouvernement semble avoir oublié qu'intervenant dans un cadre clair-obscur, le partenaire indien avait garanti une opportunité de développement économique et social de toute la région dès 2002.Ce qui n'a pas été le cas. En 2015, l'Etat algérien engage, à lui seul, 900 millions de dollars pour la réhabilitation des installations de production. En 2016, les Algériens se contenteront de la réappropriation de la production sidérurgique nationale sous le sigle du groupe algérien d'entreprises Imetal. «Bien qu'il ait été réactualisé courant 2013, le partenariat a lamentablement échoué.Plusieurs aspects de l'accord comme le transfert de savoir-faire et de technologie n'ont pas été respectés par ArcelorMittal», a affirmé un ancien cadre sidérurgiste. Rappelons que durant les 16 dernières années de partenariat, ArcelorMittal a bénéficié à des prix très réduits de l'électricité, l'eau et de l'exonération des impôts.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com