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Comme un oiseau pris dans les filets



Comme un oiseau pris dans les filets
L'oiseau est sur le grillage, vole au- dessus des barreaux, se pose dans la main d'un enfant, se fige dans un mur de prison et mute en jouet de bois. L'oiseau, symbole éternel de la liberté, voyage dans le nouveau film de la Libanaise Mai El Masri, 3000 nuits, projeté en compétition officielle du 2e Festival de Annaba du film méditerranéen, vendredi soir, au théâtre régional Azzeddine Medjoubi.Ce n'est donc pas par hasard que le personnage central du film s'appelle Layal Asfour (Maisa Abdelhadi). Layal se retrouve en prison après avoir pris en voiture un jeune Palestinien blessé. Elle est accusée de faits terroristes par un tribunal militaire israélien. Dans une prison où «cohabitent» détenues palestiniennes et israéliennes, Layal, qui paraît fragile au début, s'habitue aux «rites» du lieu de détention, découvre l'état de détresse des prisonnières, réplique aux agressions avant de découvrir qu'elle est enceinte.Que faire ' Dilemme. Accoucher en prison peut être un acte de résistance. C'est du moins ce que suggère l'histoire menée par Mai El Masri, connue par ses documentaires sur les déchirements de la guerre civile libanaise (Une femme du sud Liban, Les enfants du feu, etc). Layal, qui gagne en maturité à une allure rapide en milieu fermé, comprend les enjeux, s'engage dans un grève de la faim, couvre son enfant de tendresse pour lui faire oublier les drames qui l'entourent. Un rapport au début conflictuel se développe en amitié avec la prisonnière israélienne Shulamit (Raida Adon), détenue pour vol et consommation de drogue. Les menaces de Ruti (Izabel Ramdan), la gardienne en chef de la prison, sont toujours là pour rappeler Layal sa condition de détenue et sa fragilité.Mai El Masri prend soin de souligner dans son film que plus de 700 000 Palestiniens sont passés par les pénitenciers israéliens depuis 1948 et que 6000 sont actuellement derrière les barreaux. L'histoire de Layal, inspirée de faits réel, n'est qu'une parmi tant d'autres. «Une histoire que nous devrions tous entendre», a conseillé le cinéaste britannique Ken Loach. Les 3000 nuits montre des personnages isréliens sous un autre jour avec un médecin de prison consciencieux et une avocate sensible à la question des droits des détenus (Laura Hawa). Mai El Masri entend donc sortir des clichés habituels et offrir une autre image de ce que peuvent être les rapports humains entre les murs et au-delà des murs. Sans être militant ou de tendance droit l'hommiste. Les 3000 nuits pousse chaque spectateur à la réflexion, à lui rappeler que la liberté est un bien précieux, autant que peut l'être la dignité d'une femme ou les ailes d'un oiseau. Sabine Sidawi, productrice libanaise du film, a déclaré, lors d'une brève rencontre avec les journalistes à Annaba, que les films palestiniens, qui portent un sujet sensible, trouvent difficilement des financements à l'étranger.«Ce n'est pas le cas des films commerciaux. Le cinéma porte également la voix de la cause palestinienne», a-t-elle souligné. 3000 nuits est un film produit par plusieurs pays (Liban, Palestine, Qatar, France, Jordanie).
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