De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani
Les prochaines législatives prévues pour le 10 mai ont aiguisé les appétits de certains qui s'investissent déjà pleinement en dépensant à droite et à gauche pour s'attirer les faveurs des décideurs au niveau local et de là, s'assurer de figurer en bonne place sur les listes qui seront proposées à l'électorat. La ménagerie politique à Annaba s'emballe : contacts, cooptations, unanimismes, conflits, dissensions et levées de boucliers contre tel ou tel candidat pour, à la fin, laver le linge sale en public. De l'encensement, des louanges et de la flagornerie, on passe très vite à la critique acerbe et à la diabolisation, le jeu des coulisses sous-tendu par des intérêts fait, surfait et défait aisément les prétendants au fauteuil de député tant convoité. La faune politique, celle qui a fait de ce «créneau» son credo et sa raison d'être, n'entend plus rien à ce qui se passe car les nouveaux venus faussent les calculs et ne respectent pas les «règles» édictées par leurs aînés. La nouvelle vague qui s'est engouffrée dans la brèche est venue, comptant surtout sur le pouvoir de l'argent et voit ces élections comme un investissement à but lucratif qui peut rapporter gros dans les cinq années à venir. Cette engeance qui s'assoit sur des fortunes amassées illégalement compte se convertir et se refaire une virginité en embrassant une carrière politique qui les mettrait à l'abri. Les instances locales des partis politiques ne s'en soucient guère, bien au contraire, elles ouvrent toutes grandes leurs portes pour accueillir à bras ouverts ces intrus du moment qu'elles n'auront rien à dépenser pour mener leur campagne. Une campagne où le pouvoir de l'argent sera prépondérant et amadouera certainement les plus farouches ; les principes, les valeurs, la compétence et le niveau intellectuel sont mis en veilleuse. Côté électorat où l'on est déjà échaudé par l'expérience de la composante de la précédente assemblée, du moins les représentants de la wilaya de Annaba, on n'est pas près de refaire les mêmes erreurs. «Vous savez, nous dit un jeune universitaire, pour ma part et en dehors du parti politique, je m'intéresse d'abord au candidat, s'il est honnête, s'il a un niveau d'instruction élevé et s'il jouit d'une bonne réputation, il aura ma voix, sinon je mettrai un bulletin nul. Y en a marre des illettrés, des gens friqués et des opportunistes de tous bords qui n'ont aucune imagination et qui ne s'intéressent pas aux problèmes des populations. Nous les jeunes, nous ferons barrage à ces gens, ces législatives, comme l'a déclaré le président de la République, sont très importantes, c'est la stabilité et l'avenir du pays qui sont en jeu et il ne faut pas jouer avec.» Un autre, la cinquantaine, celui-là nous dira que si les partis politiques faillent à leur mission en présentant de mauvais candidats, «c'est à l'administration de sasser tout cela de façon à ne garder que ceux qui sont valables et peuvent vraiment servir le pays, autrement, cela fera beaucoup de mal et nous ne nous en sortirons pas. L'administration a les moyens de mener des enquêtes sur les candidats et elle a toute la latitude de refuser telle ou telle candidature». Ce qui est sûr, c'est que ces législatives ne seront certainement pas comme les autres, un électorat devenu très exigeant, des partis politiques qui doivent s'y conformer et une administration sur le qui-vive pour débusquer toute tentative de fraude.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M R
Source : www.latribune-online.com