C'est le branle-bas de combat chez les marins pêcheurs des wilayas d'El Tarf et d'Annaba où la tension a atteint son paroxysme suite à la saisie de cinq chalutiers algériens partis en Tunisie pour des opérations de carénage au niveau du port de Tabarka.
En procédant illégalement et abusivement à la rétention des 5 chalutiers algériens, les marins tunisiens voulaient exercer des représailles à l'encontre des autorités algériennes qui ont saisi, il y a une semaine, un bateau tunisien dans les eaux territoriales algériennes en train de pêcher du corail en usant de gros moyens matériels et logistiques. Lors de cette opération, les gardes-côtes algériens ont, par ailleurs, arrêté cinq marins tunisiens, qui ont été écroués après leur présentation au procureur de la République du tribunal d'El Kala, et saisi un kilogramme de corail brut. L'affaire fut jugée dimanche dernier, et trois Tunisiens ont écopé de 3 ans de prison ferme alors que leurs deux acolytes se sont vu infliger deux ans de prison avec sursis. Les marins algériens en colère, rencontrés au port de pêche d'El Kala nous diront : «Les 5 chalutiers, dont deux de la wilaya d'Annaba, sont entrés dans le port de Tabarka au début du mois de septembre, et ce, pour des opérations d'entretien routinières, après chaque campagne de pêche. Malheureusement, après la fin desdites opérations, les Tunisiens nous ont interdit la sortie du port. Ils ont pris en otage notre matériel de travail et de subsistance pour pousser les autorités algériennes à libérer les marins tunisiens. C'est, en somme, du chantage.» Et d'ajouter : «Nous n'allons pas rester les bras croisés. Nous comptons, dans le cas où les pourparlers engagés par les officiels algériens avec leurs homologues tunisiens n'aboutiraient pas, entamer de notre côté une action de représailles à l'encontre des milliers de Tunisiens qui traversent les frontières algériennes pour venir dans la ville d'El Kala s'approvisionner en denrées alimentaires et en toutes sortes de marchandises. Nous leur interdirons simplement et purement d'accéder en territoire algérien.» Cette affaire est train d'envenimer les rapports entre les deux pays. Selon des cadres des deux chambres de pêche d'El Tarf et Annaba, les Tunisiens sont en train de jouer avec le feu, sans prendre conscience des conséquences qui en découleront. Les autorités algériennes, de leur côté, sont tenues de trouver une issue dans les meilleurs délais à cette problématique car des dérapages ne sont pas à écarter. Par ailleurs, le consul algérien au Kef a failli être lynché hier soir à Tabarka par les familles des pêcheurs écroués récemment pour trafic de corail. L'information nous a été confirmée par le président du Comité national des marins pêcheurs, Bellout Hocine. Selon des sources concordantes, le consul a effectué une inspection sur les lieux pour constater de visu les dégâts occasionnés, mercredi, aux 5 embarcations algériennes, en réparation au port de pêche de Tabarka. Son véhicule a failli également être endommagé, n'était l'intervention énergique des forces de l'ordre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Daoud Allam
Source : www.lesoirdalgerie.com