
Alors que la chaîne Nessma TV diffusait le film Bab El Web, la terrestre diffusait un excellent téléfilm américain, la chaîne nationale A3 (la plus regardée selon les derniers sondages) quant à elle diffusait un téléfilm local intitulait «Cartouna fi Bona» (Un carton à Bône) en référence à Annaba. Ainsi, après Carnaval fi dechra, immigria fi Douar, voilà un nouveau symbole de la médiocrité audiovisuelle sur la Télévision nationale: Cartouna Fi Bona. Un téléfilm bas de gamme, joué par des comédiens amateurs et médiocres et un scénario délétère qui ne donnent pas une bonne image du cinéma et de la télévision algérienne. Mais qu'est ce qui a poussé la télévision algérienne, qui a assez d'argent pour se payer les meilleurs films arabes et occidentaux à accepter de céder son espace à une oeuvre aussi désastreuse' Et pourtant, le réalisateur Mohamed- Faouzi Dilmi, a du talent. Auteur d'un excellent premier film El Manaa (Premier film d'horreur algérien), il avait baissé de rythme avec son deuxième film Eden, en s'essayant sans convaincre au film d'espionnage. Dilmi avait du talent avant de commencer de tourner pour l'Entv. Pour sa première mission au service de l'Unique, avec le feuilleton Dalil pour le Ramadhan 2011, le réalisateur constantinois avait perdu les pouvoirs magiques de son talent. Dans ce téléfilm léger, trop léger à mon sens pour figurer sur une grande chaîne nationale, le réalisateur n'a pas pris au sérieux la mise en scène et a commencé à donner libre court à ses folies artistiques (comme cette scène de clip de rap avec des mécaniciens ou encore cette scène à la Matrix du parcours d'une balle). Le scénario écrit par Hamdi Chakib est d'une grande faiblesse, malgré une correction du texte par plusieurs autres scénaristes. Des flacons de médicaments qui ressemblent à des bouteilles de bière et des scènes d'action qui n'ont pas le niveau de la maternelle. A cela, s'ajoute un jeu de comédiens totalement hors course à une seule exception celle de Dar Ezaâf Sofiane dit Pipou, qu'on avait pu découvrir dans le programme Comedy Fun durant le Ramadhan sur A3. La grande question des téléspectateurs c'était: «que faisait Mme Bahia Rachedi, dans ce téléfilm médiocre'» Le réalisateur a réussi à la faire parler en français, ce qu'elle n'avait jamais fait auparavant. Mais au final, la question demeure posée: qui a autorisé cette production à être diffusée sur la télévision' La chaîne A3, qui est devenue la télé référence de l'Algérie sur Nilsat, sert d'espace pour diffuser des navets qui n'ont même pas une place sur YouTube' En plus de la mauvaise qualité de cette production, un incident technique est venu aggraver le cas de cette diffusion, sans que le service de la programmation n'arrête la machine. En effet, un appel à la prière est intervenu pendant la diffusion du film, alors qu'une course-poursuite était lancée dans le film. Une situation qui a créé une grande confusion chez le téléspectateur et démontré encore une fois le non-respect du public. De plus, ce jeu maladroit entre religion et fiction est mal vu ces derniers temps. L'Entv, qui applique à la lettre un cahier des charges rigoureux sur l'information et l'image de nos gouvernants, devra être plus regardante sur la qualité des productions proposées à la diffusion, cela va de l'image de l'Algérie et surtout de la culture algérienne.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amira SOLTANE
Source : www.lexpressiondz.com