Le RND bredouille '
La fronde au niveau du RND, suite à la candidature de M. Mohamed Amir, ex-sénateur et ex-recteur de l'université de Annaba, comme tête de liste de ce parti, est maintenant sur la place publique et l'on se demande déjà si le RND ne sortira pas bredouille de la course aux législatives. En effet, des tracts appelant à ne pas voter ont été distribués récemment un peu partout au niveau du chef-lieu et même dans certaines localités proches. Cette situation inédite pour la formation d'Ouyahia dont la popularité et l'audience ont baissé sensiblement du fait du rendement très médiocre de ses élus aux niveaux local et national peut aboutir à une déroute de laquelle le parti ne se relèvera pas de sitôt. Il faut dire que cette liste a donné lieu à une levée de boucliers de la part de jeunes militants universitaires qui se sont vu interdits de candidature et a provoqué la colère de plusieurs militants qui soutiennent que la confection de la liste de candidats est le monopole et la chasse gardée de certains responsables locaux qui font la pluie et le beau temps.
Mohamed Saïd du PLJ : un Islam à la turque
Mohamed Saïd, président du Parti de la liberté et de la justice, PLJ, comme par hasard homonyme de celui des Frères musulmans en Egypte, a fustigé, à Annaba, lors d'un meeting' les partis islamistes ! Il les accuse de jouer le jeu des Occidentaux en faisant de la religion un fonds de commerce et en permettant à ces derniers de porter atteinte aux valeurs de l'Islam. Son Islam à lui est celui adopté par la Turquie qui a su construire un Etat fort avec des institutions solides, et donc il faudrait que l'Algérie copie ce système qui marche et qui a fait ses preuves puisque la Turquie est devenue une puissance économique et un Etat influent dans sa région. Mohamed Saïd ne tarit pas d'éloges sur le Premier ministre turc dont il dit qu'il a été élu par 3 fois, a fait dire à un citoyen présent au meeting que «nous n'avons que faire des systèmes importés. La preuve nous avons copié le système socialiste et cela a été une catastrophe ; nous avons opté pour le libéralisme et regardez ce que cela a donné. Il s'agit de tout un pays et il ne faut pas jouer avec, il nous faut un système qui nous soit propre et qui peut marcher, autrement on restera en marge de l'Histoire».
FLN : la débandade
Au FLN à Annaba, c'est la débandade après que la liste Zitouni, le sénateur-mouhafadh, a été avalisée par Belkhadem. Le sénateur, qui avait déjà à gérer une fronde interne qui avait vu par le passé le siège de la mouhafadha occupée pendant des mois, est confronté aujourd'hui à un exode massif de ses militants qui ont rejoint d'autres formations pour «casser» du FLN. Les frondeurs dits «légalistes», s'ils ne dénoncent pas en public la composante de la liste proposée, en aparté ils reconnaissent qu'ils activent et travaillent contre. «Ils ont suivi les propositions de Zitouni parce qu'il a été parmi les redresseurs du temps de Benflis, nous dit l'un d'entre eux, et donc il fait ce qu'il veut au niveau du parti, nous avons tous été écartés de cette liste, nous et tous les militants de l'aile Goudjil, et cette façon de faire porte un grand coup au parti.» Les redresseurs version Goudjil, eux, s'affichent carrément contre la liste et disent crûment toutes les vérités, du linge sale lavé en public. Au niveau de l'électorat, le FLN reste malgré tout favori si l'abstention ne fera pas des siennes.
S'abstenir, c'est faire le jeu des islamistes
La désaffection de l'électorat pour les prochaines législatives est plus que perceptible et fait planer le spectre de l'abstention dans la wilaya de Annaba. Les campagnes menées aussi bien par l'administration locale que par les partis politiques et indépendants en lice n'y changent pas grand-chose pour le moment, les citoyens ne se sentant plus concernés. Ces derniers échaudés par les précédents mandats effectués par des élus qui ont disparu de la circulation dès leur entrée à l'hémicycle ne croient plus en personne et à plus forte raison, la qualité très médiocre des candidats présentés par les formations politiques. Ceci laisse la voie ouverte au vote islamiste qui peut, si la tendance à l'abstention se confirme, moissonner la majorité des 8 sièges que compte cette grande ville de l'Est. En effet, l'électorat des partis islamistes est composé d'inconditionnels «conditionnés» et disciplinés qui se déplaceront en masse le 10 mai prochain pour prendre d'assaut l'APN et de là faire leurs lois qui aboutiront à l'instauration d'un Etat théocratique par les urnes. Cette démission collective de l'électorat est dangereuse et comme l'a répété le président de la République, cette élection est un deuxième 1er Novembre et il s'agira pour tous de prendre ses responsabilités, autrement c'est le chaos.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M R
Source : www.latribune-online.com