Couleurs et raffinement
La commune de Béni Yenni vit au rythme de la fête du bijou depuis hier vendredi. Le coup d'envoi a en effet été donné avec la présence des représentants du ministère et de la direction de la culture accompagnés par les élus locaux à leur tête le maire Smaïl Deghoul. L'ambiance festive qui régnait au chef-lieu paré de drapeaux se laissait entrevoir en fait à plusieurs kilomètres avant d'arriver. Les invités affluaient dès les premières heures de la matinée vers la place où se tient la cérémonie d'ouverture. Les organisateurs très expérimentés de ce genre de manifestation avaient tout préparé depuis plusieurs jours.
Le CEM Larbi Mezani qui abrite les expositions accueillera pas moins d'une soixantaine de bijoutiers qui viendront pour la plupart de la région des Aït Yenni et de la wilaya de Tizi Ouzou. Plusieurs wilayas prendront part toutefois à cet événement. Ils viendront de Tamanrasset, d'Annaba et de Ghardaïa. La fête verra aussi la participation d'autres artisans comme les potiers. Cependant, l'ambiance festive ne dissimule pas la difficulté de sauver ce métier artisanal intimement lié à la culture locale. Les artisans aussi savent que leur métier est en danger d'extinction. Selon les organisateurs et les autorités locales, l'organisation de ce genre de festivités vise justement à sauver ce qui reste. En l'espace de quelques années, une grande partie des artisans a fermé boutique. Les difficultés sont dures à surmonter et les pouvoirs publics ont longtemps abandonné le créneau.
En effet, sur les lieux, plusieurs artisans évoquaient la rareté et les prix exorbitants du corail. Une matière indispensable dans la fabrication des bijoux. Les autres matières comme l'argent ont également subi des hausses insupportables pour les budgets des artisans. Sur un autre plan, d'autres évoquaient la difficulté dans l'écoulement de leur produit. Ces problèmes s'érigent donc devant toute volonté des artisans de maintenir en vie leur métier et le transmettre aux futures générations. Son insertion dans le créneau économique est vitale pour atteindre cet objectif. Mais pour la réalisation de ce dernier, affirment toujours les bijoutiers, il est nécessaire pour les pouvoirs publics de lutter contre le danger d'extinction qui guette les récifs algériens. Une maffia tentaculaire est en train d'anéantir cette richesse et de tuer l'artisanat lié à travers tout le territoire national. Enfin, les présents relevaient presque à l'unanimité que la tenue de ce genre d'évènements permet aux artisans de respirer. Tous appellent de leurs voeux à la renaissance des ciseleurs des Aït Yenni qui, dans un passé lointain, avaient défié par leur génie le pouvoir turc. Leur savoir-faire leur permettait de frapper monnaie et de fabriquer des armes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com