Annaba - A la une

Aux dépens de nos entreprises '



Déséquilibre - Si les entreprises chinoises se réjouissent de faire fortune en Algérie et de décrocher des projets d'envergure, les entreprises algériennes, particulièrement celles du BTPH s'estiment «lésées».
C'est le premier constat que fait un entrepreneur adhérent à l'Association générale des entrepreneurs algériens (Agea) interrogé dans ce sens. «On a du mal à comprendre ce qui se passe réellement. On est des entreprises réglementées. On s'acquitte de nos impôts.
On tente d'offrir un meilleur cadre à nos personnels sur les chantiers. On propose des prix de réalisation de loin inférieurs à ceux des entreprises étrangères particulièrement chinoises. Mais en contrepartie, les pouvoirs publics favorisent, pour des raisons inexpliquées, les étrangers aux Algériens quoique le cas chinois soit particulier», a-t-il affirmé.
Et d'ajouter : «Les pouvoirs publics disent que les ouvriers chinois sont rapides, nous le reconnaissons, mais pourquoi ne disent-ils pas qu'un simple ouvrier chinois perçoit jusqu'à 250 000 DA par mois alors que les nôtres restent les moins payés sur le marché algérien '» Pour ce chef d'entreprise, l'Etat est loin d'avoir «réuni toutes les conditions aux entreprises du BTPH algériennes pour que ces dernières puissent être concurrentielles». «Il nous arrive souvent d'envoyer nos camions chercher du ciment pour nos projets et qu'ils reviennent vides après de longues journées d'attente. En parallèle, les entreprises étrangères (y compris les grandes entreprises algériennes de renom) ne souffrent d'aucun problème d'approvisionnement», a-t-il déploré. «Si cela continue, ce sera la faillite des nos entreprises qui peinent déjà à assurer les salaires de leurs ouvriers», a-t-il soutenu.
Quoi qu'il en soit, la réalité fait que d'énormes retards sont constatés dans la réalisation des différents programmes. Le Premier ministre, en visite à Annaba, a été clair à ce propos.
Il avait tout bonnement imputé la responsabilité de ce retard à plusieurs facteurs, s'attaquant directement aux entreprises privées algériennes, qu'il a accusées d'entraver la réalisation du programme. Le ministre de l'Habitat, Abdelmadjid Tebboune, ne pouvait être que du même avis, lui qui avait insisté sur les faiblesses relevées.
Il avait reproché aux entreprises algériennes, «qu'elles soient publiques ou privées, d'organiser les chantiers de manière traditionnelle». Elles «ne mettent pas non plus les moyens adéquats pour réaliser leurs projets dans les délais et dans les normes», avait-il dit.
Au lendemain de ces déclarations, c'est le président de la Confédération générale des opérateurs économiques (CGEOA) qui appelle les patrons d'entreprises algériennes à «faire bloc». Pour Habib Yousfi, il y a volonté délibérée d'accabler les entreprises algériennes, pour justifier le recours aux entreprises étrangères.
«Les pouvoirs publics veulent des logements dans des délais rapides. Ils veulent recourir aux entreprises étrangères. Mais que vont faire les entreprises algériennes ' », s'était-il demandé, ajoutant qu'il doute qu'il y ait «nécessité et priorité» d'aller dans cette direction.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)