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Attentes des citoyens à Annaba : la sécurité, une priorité Nouveau gouvernement



Attentes des citoyens à Annaba : la sécurité, une priorité                                    Nouveau gouvernement
Photo : Riad
De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani

La nomination du nouveau gouvernement a suscité bien des commentaires tant niveau national que local, certains en critiquent ouvertement la composition, d'autres y voient un espoir de changement et une réponse aux attentes des citoyens, attentes qui perdurent et que les gouvernements qui se sont succédé n'ont pas réussi à satisfaire malgré la volonté affichée.Pour les citoyens à Annaba, les avis sont partagés et chacun même si la critique est omniprésente espère voir la situation s'améliorer surtout après les déclarations du nouveau Premier ministre concernant 'le nettoyage', un terme générique qui englobe tout et qui annonce les prémices d'un véritable changement. «C'est d'un nettoyage général dont on a besoin et dans tous les sens du mot, nous répond un habitant de la Place d'Armes, un des quartiers chauds de la ville, nettoyer la cité de la vermine, des bandes de malfaiteurs qui font la loi et qui n'ont plus peur de personne, cette insécurité générale qui s'est installée, il n' y a qu'à se rappeler ce qui s'est passé il y a quelques jours sur le Cours de la Révolution, en plein centre-ville, pour avoir une idée de cette insécurité. Il est temps que ce nettoyage ait lieu. Le premier devoir d'un gouvernement est d'assurer la sécurité des biens et des personnes. Durant des années, nous avons subi le diktat de ces bandes de criminels. La décision du chef du gouvernement est venue à point et tout le monde ici, à Annaba, espère voir la sécurité rétablie.» Il faut dire que ces derniers temps, à Annaba, sur le plan de la sécurité, c'est l'overdose, la quasi démission des pouvoirs publics face aux bandes qui, il faut le signaler, ont partagé les quartiers en 'districts', des zones d'action réservées, des territoires contrôlés par chaque bande qui en fait son terrain d'action exclusif. «Il avait fallu une réaction énergique des services de sécurité pour que l'ordre et la loi soient rétablis pour un temps seulement», nous dit un vieil habitant de la rue du Cnra, «parce que, comme d'habitude, c'est juste une campagne sans lendemain et les bandits reviendront. J'espère avoir tort parce que je vois que, chaque jour, des policiers sont en faction.» «Il est encore trop tôt pour juger», nous déclare un chef d'entreprise à propos du gouvernement, «mais nous avons beaucoup d'espoirs concernant la relance de l'économie nationale par les investissements, les petites et moyennes entreprises chez nous ne sont pas aussi performantes qu'elles semblent l'être au vu des multiples problèmes auxquelles elles sont confrontées (mise à niveau, financement, management, concurrence déloyale, environnement économique). La situation n'est guère reluisante. Il y a des dizaines de ces entités qui ont fermé parce qu'elles ne pouvaient pas faire face à la concurrence, non pas de celles implantées sur le territoire national mais de celles, étrangères, par le biais d'importations incontrôlées et parfois illégales. Il est temps que le nouveau gouvernement se penche sérieusement sur la question. La fermeture de ces entreprises aggrave encore plus le chômage dans la région qui était, il y a quelques années, un véritable pôle d'emploi qui attire des milliers de travailleurs de tout le pays.» Comme je vous l'ai dit, «Nous attendons beaucoup de ce gouvernement mené par Sellal, accordons-lui une période de grâce et nous verrons après.» Pour les jeunes, c'est tout autre chose, partisans du «tout et de l'ici et maintenant», l'optimisme n'est pas de mise et la plupart, blasés par les promesses non tenues, voient ce gouvernement comme tous les autres avec, cependant, quelques espérances quant à une prise en main sérieuse de la question du chômage. «Les rafistolages du passé ont montré leur limite», nous confie un jeune informaticien de 30 ans, rencontré hier, à Sidi Salem, plaque tournante de la «harga». «CPE, Dais, Daip, CID, Ansej sont, pour tous, assimilés à «warkat essabr», c'est-à-dire qu'au bout, on se retrouve comme avant sauf pour de rares cas où le jeune qui a bénéficié d'un crédit Ansej réussit. Pour les autres types de contrat, ce sont les appuis, le népotisme et les interventions qui font que tel ou tel est recruté de manière permanente. Il n' ya qu'à voir le désespoir de ces jeunes que vous voyez là-bas, sur le pont, contemplant la mer. Personne, parmi eux, ne pense à rester ici, ils voient, déjà, se dessiner devant eux les contours des côtes sud de l'Europe. Pour eux, l'espoir c'est de l'autre côté de la Méditerranée. Je sais que c'est faux avec tous les problèmes que les Européens ont en ce moment mais le flux d'émigrés clandestins continue puisque il y a une dizaine de jours une trentaine de harraga ont été interceptés au large des côtes d'Annaba. Il faudra que le nouveau gouvernement trouve des solutions rapides pour arrêter la saignée. Des mesures radicales non pas en doublant les patrouilles des garde-côtes pour réprimer encore plus mais trouver des solutions et donner des emplois stables à ces jeunes qui n'aspirent qu'à travailler et fonder une famille comme les autres. Autrement, l'explosion sociale est à craindre.» Ce qui est sûr, c'est que le gouvernement Sellal, au-delà des critiques et des soutiens exprimés çà et là, a du pain sur la planche, 'nettoyage' comme il l' a annoncé, chômage, logement, éducation, relance économique, ordre, sécurité et, avant tout cela, rétablir l'autorité de l'Etat.
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