Annaba - A la une

Arrestation de 53 militants du "hirak"



La marche pour l'élection présidentielle du 12 décembre à laquelle a appelé, hier, la direction de l'union de wilaya UGTA d'Annaba a été empêchée par une centaine d'irréductibles du mouvement populaire, qui, de leur côté, ont organisé une contre-manifestation sur le Cours de la Révolution, où devait avoir lieu le rassemblement.Des témoins de la scène rapportent que les représentants des sections syndicales de la wilaya, rejoints par les quelques deux cents travailleurs du complexe sidérurgique ramenés expressément par bus, notamment, selon des sources, avaient à peine commencé à marcher en criant "Djeïch Chaâb, khawa khawa !" et "Oui à l'élection présidentielle !
L'Algérie est en danger", que des militants du hirak se sont mis en travers de leur passage. Nos sources indiquent que ces derniers scandaient, pour leur part, les slogans hostiles à ce scrutin et à ceux qui, dans les sphères du pouvoir, tentent de l'imposer, sans pour autant afficher la moindre intention belliqueuse.
La tension aurait toutefois commencé à monter lorsque les plus jeunes d'entre les contre-manifestants se sont mis à insulter les participants à la marche, les traitant de sbires à la solde de la "îssaba" et de traîtres à la cause nationale, affirment ces témoins. Et d'ajouter que les échanges verbaux sont devenus tellement virulents que quelques militants du hirak, perdant leur sang-froid, ont entrepris de se saisir des banderoles que les manifestants pro-élection brandissaient, d'où un début d'affrontement entre les deux parties.
C'est à ce moment-là que les éléments des brigades antiémeutes qui encadraient cette marche seraient intervenus, s'en prenant uniquement aux manifestants opposés à la présidentielle, qui ont été bousculés et malmenés par les policiers, avant d'être traînés de force jusqu'aux fourgons stationnés pas très loin, assure l'un des témoins cités.
"Les policiers étaient acharnés et poursuivaient carrément les jeunes qui tentaient de fuir désespérément le Cours de la Révolution. J'ai rarement vu un tel déchaînement de violence, l'intervention des agents de la brigade antiémeute était vraiment disproportionnée", soutient celui-ci, en signalant qu'il a assisté personnellement à une dizaine d'interpellations aussi musclées.
Nous apprenons auprès de sources proches de la sûreté de wilaya que ce sont 53 personnes qui ont été arrêtées et entendues dans les locaux du commissariat central au cours de cette opération. À l'heure où nous mettons sous presse, une trentaine d'entre elles ont été relâchées, mais il semblerait que des mesures ont été prises contre les jeunes qui ont arraché les banderoles des mains des manifestants pro-élection présidentielle.

A. Allia
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