L'implantation d'un complexe sidérurgique à Bellara et l'annonce, par le ministre de l'Industrie Mohamed Benmeradi, de deux autres projets d'investissements dans la sidérurgie constituent autant de menaces pour les parts de marché d'ArcelorMittal en Algérie. La crise en Europe pourrait également renouveler l'intérêt des concurrents du géant de l'acier pour ce marché prometteur.
« (L'implantation d'un nouveau complexe sidérurgique à Bellara) est un bon investissement pour l'économie algérienne mais elle mettra le complexe d'El Hadjar dans une situation de rude concurrence », a déclaré à Maghreb Emergent Smaïn Kouadria, secrétaire général du Syndicat d'ArcelorMittal Annaba, qui exploite ce fleuron de la sidérurgie algérienne.
Le complexe de Bellara, qui devrait créer 2.000 postes d'emplois directs et 1.000 indirects, va certainement, selon notre interlocuteur, booster l'offre sur le marché national, où la demande est appelée à grimper pour atteindre, d'ici l'horizon 2020, quelque 15 millions de tonnes d'acier.
L'annonce récente, par le ministre de l'Industrie, Mohamed Benmeradi, de deux autres projets d'investissements dans le domaine de la sidérurgie met le géant mondial de l'acier, ArcelorMittal, en état d'alerte sur le marché algérien. Il entend ainsi se rendre plus « compétitif » afin e conserver ses parts dans un marché qui absorbe actuellement 5 millions de tonnes d'acier par an. Il doit d'autant le faire que ses objectifs de production pour l'année 2011 sont loin d'être atteints et que selon un cadre de l'entreprise qui a requis l'anonymat, il faudrait « un miracle pour qu'il puisse les atteindre ».
Vers une baisse des prix à court terme
Pour ce cadre, ArcelorMittal Annaba ne redoute pas « dans l'immédiat » des concurrents directs sur le marché algérien, mais il lui faut bien se préparer à cette perspective dès à présent. Le danger pour lui viendrait, dans un avenir proche, de l'extérieur, car la baisse de la consommation des produits sidérurgiques en Europe entraînerait « inéluctablement » un regain d'intérêt de ses concurrents dans le monde pour l'Algérie, encore dépendante des importations pour des besoins grandissants, boostés principalement par le plan d'investissement public 2010-2014.
La multinationale franco-indienne craindrait, en effet, une concurrence à court terme de l'acier importé, ce qui jouerait sur les prix. Or, estime notre source, « la baisse des prix est d'autant moins dans notre intérêt que l'entreprise est dans une posture peu enviable ». La direction compte sur la « compréhension » du partenaire social pour remettre sur les rails l'entreprise. Lors de ses dernières réunions avec le syndicat la semaine dernière, les deux parties ont convenu de travailler la main dans la main pour hisser sa « compétitivité ».
Par ailleurs, la direction reste confiante quant au renouvellement de la convention d'investissement entre ArcelorMittal Annaba et les pouvoirs publics, en cours de finalisation. « Des contacts récents permettent de penser que nous avons bien avancé sur ce sujet », est-il noté dans un compte-rendu de réunion syndicale. « Parallèlement, des discussions sont menées avec la Banque extérieure d'Algérie en vue de refinancer l'entreprise, facteur nécessaire pour mettre en 'uvre son plan industriel, dont l'objectif est d'atteindre, dans une première phase, une capacité de production d'environ 1,4 millions de tonnes », ajoute le document.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Malika Moudir
Source : www.maghrebemergent.info