Au moment où le ministre du Tourisme réunissait l'état-major du secteur à Oran pour la relance de la destination Algérie, promue également à coups de devises fortes dans les foires internationales, il est effarant de constater que, sur site, les agressions de toutes sortes, le manque d'hygiène et les comportements irresponsables ternissent de plus en plus l'image de nos plages et de nos hôtels.
Et c'est naturellement de Annaba, qui est en passe de devenir la ville la plus sale et la plus désorganisée du pays (voir le constat fait par d'autres organes nationaux de presse), que nous parviennent les informations les plus alarmantes. Ainsi, après le bétonnage de la plage Chapuis et la mainmise des forces de l'ordre (police, gendarmerie et armée) sur quelques plages et espaces touristiques de la corniche, à tel point que ça ressemble à une immense caserne et que l'on se demande où s'installeront les prochains complexes dont on parle depuis si longtemps ; donc, après tous ces méfaits, c'est la célèbre plage Toche qui fait parler d'elle avec le déversement continu des égouts sur ses deux côtés (Grande Bleue et Escale) : odeurs nauséabondes, risques sanitaires, spectacle de délaissement et de laisser-aller ! On se demande s'il y a des responsables dans cette ville. Il y en a certainement, à voir les gyrophares qui clignotent devant les cortèges… Mais les uns courent derrière la députation, les autres s'occupent des promotions immobilières de leurs copains ou des prête-noms (allez savoir quelque chose dans ce grand cirque !). Et la fameuse petite colline (hauteurs d'El Mhaffeur) dont j'ai tant parlée continue d'être sauvagement agressée, elle et ses arbres plantés par des mains innocentes, à l'ère du reboisement dominical. Apparemment, seule la politique intéresse nos plus hauts responsables, et même le ministre de l'Environnement est aux abonnés absents, sinon ils auraient dit halte» aux petits magouilleurs qui continuent de squatter le plus petit espace pour y déloger la nature et planter le sordide bivouac de leurs biens mal acquis ! La nature se vengera, j'en suis sûr. Quant à moi, j'ai décidé de délocaliser la rencontre avec un ami pied-noir : je lui avais promis de bouffer le plus beau merlan à deux pas de la mer. Ce ne sera pas à Toche : sa vue et son appétit risquent d'être altérés par ces égouts indésirables et il viendrait à penser que nous avons tout détruit dans ce pays. Je l'emmènerai voir un autre coin où il y a de vrais responsables qui ne cherchent pas toujours à s'enrichir eux et leur progéniture et leurs familles. Qui travaillent sérieusement. Ne croyez pas que tout est pourri !
Maâmar Farah
Une décharge à ciel ouvert
La ville de Annaba est devenue depuis quatre jours un dépotoir, une décharge à ciel ouvert. Et pour cause, les ordures ménagères s'amoncellent depuis mercredi dernier, faute d'être enlevées par les agents chargés de la propreté de la voirie.
Ces derniers, qui ont entamé depuis cette date un débrayage illimité, réclament le payement de la totalité du différend représentant les augmentations salariales intervenues depuis janvier 2008. Ils refusent les propositions des responsables de l'Assemblée populaire communale (APC) de la quatrième ville du pays, consistant en le règlement, avant le 21 avril 2012, d'une année seulement. Le reste, soit trois années, sera étalé dans le temps, selon les propositions faites aux concernés qui refusent catégoriquement cette idée. Entre temps, outre les odeurs pestilentielles que dégagent ces monticules de déchets de toutes sortes, la population est exposée aux méfaits d'une grave pollution générant des risques certains pour la santé publique. Plus grave encore, cette grève, en plus du non-enlèvement des ordures ménagères, a touché les commerces de la ville à l'exemple des boucheries, poissonneries, pâtisseries, laiteries, dont les déchets solides rapidement dégradables, sont exposés sur les trottoirs juste devant les locaux commerciaux. Devant les odeurs nauséabondes, les citoyens sont dérangés. Combien de fois et devant témoins, la gestion des communes par les élus a été dénoncée par le chef de l'exécutif de la wilaya. La dernière en date remonte à un mois seulement. C'était lors de la conférence de presse tenue au siège de la wilaya. A cette occasion, le wali n'a pas hésité à souhaiter voir émerger lors des prochaines élections locales des gens qui ont à cœur l'intérêt de leur ville et le bien-être des citoyens. Dans cette optique, il a émis le vœu de voir les électeurs faire le bon choix afin de ne plus souffrir de pareilles situations, sans omettre de révéler le montant du budget de fonctionnement de la commune de Annaba qui dépasse celui de la wilaya. Mais ce budget n'est consommé qu'à hauteur de 20% seulement, selon le bilan présenté lors de la dernière session ordinaire de l'Assemblée populaire de wilaya (APW).
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Bouacha
Source : www.lesoirdalgerie.com