Annaba - Urbanisme

Annaba - Espaces verts, aires de jeux et autres poches vides: Main basse sur le foncier



Annaba - Espaces verts, aires de jeux et autres poches vides:  Main basse sur le foncier




Les espaces verts, aires de jeux et mêmes les abords des cimetières n’ont pas échappé aux appétits voraces des «investisseurs cupides ».

Annaba étouffe et le manque du foncier notamment au chef-lieu continue à donner lieu à des dépassements souvent tolérés par l’administration locale au profit des personnes influentes et ayant pignon sur rue. Les espaces verts, aires de jeux et mêmes les abords de cimetières n’ont pas échappé aux appétits voraces des «investisseurs cupides».

Et les exemples sont légions. Il en est ainsi d’une aire de jeux à la cité des 1.276 Logements de la Plaine Ouest de Annaba, où un entrepreneur privé a décidé d’installer son chantier et entamer des travaux à l’effet d’ériger deux immeubles au grand dam des enfants de la cité. Les jeunes de cette dernière, qui ont tenté de s’interposer, tout autant que des gens âgés, ont été poursuivis en justice par le promoteur.

L’affaire est actuellement en traitement au tribunal de Annaba.

«Où vont jouer nos enfants si l’espace qui leur a été réservé est transformé en immeuble. Les enfants sont nés pour être heureux. Ce qui n’est pas le cas à Annaba où l’argent est capable de les priver de leurs droits», s’interrogent des mères de cette cité, qui menacent d’aller très loin pour protéger l’espace de leurs enfants.

Un autre cas est enregistré à la cité El Kharouba (Caroubier) où également un promoteur immobilier, dont les travaux d’une première construction ont donné lieu à une profanation de plusieurs tombes, continue de s’accaparer de l’espace qui reste.

L’amer constat est donné par le président de l’association de quartier Touaref El Hachemi dans une lettre adressée à notre rédaction.

«Qu’il y ait complaisance pour ce qui est de la non-application des règles régissant le POS que cet entrepreneur piétine non sans vergogne, qu’en est-il de la sacralité des tombes et de la mémoire de nos morts», s’interroge l’auteur de cette requête, étonné quant au mépris de l’administration qui n’a pas trouvé mieux que d’accorder au même entrepreneur la réalisation d’une tour R+9 sur le même site.

«Il est très difficile pour nous d’admettre non seulement qu’il (le promoteur) fait fi de la réglementation en vigueur et que l’on entérine par la délivrance des autorisations qui lui permettent d’aller au-delà des restrictions en élevant les constructions à 3 étages et plus notamment pour la tour en R+9 prévue au grand dam des lois, des riverains et au nez et à la barbe de l’association du quartier qui s’est démenée en vain pour alerter l’opinion publique locale et nationale», déplore-t-il, avant de souligner que «l’absence physique des représentants de l’autorité et le silence pesant, laissent libre cours à toutes les supputations possibles autour de la légitimité de ce projet».

Ce cas n’est pas isolé à Annaba mais tend à être généralisé. En effet, il s’agit entre autres de la promotion immobilière du député FND Bahaeddine Tliba dont le service des domaines lui a accordé également, à travers le Calpiref, un espace vert face au rond-point de la cité Beni M’Haffeur.

Un cas d’aberration édifiant confirmé par un traitement record de son dossier de concession en moins d’une semaine. Du jamais vu, sauf à Annaba, une exception qui confirme la règle. Telle une tempête dans un verre d’eau, les multitudes de dénonciations des habitants de cette cité n’ont abouti à rien.

Espérer le contraire relève de l’utopie puisque ce «superdéputé» fait prévaloir ses étroites relations avec les autorités militaires et civiles locales et nationales, dont le ministre de l’Intérieur Dahou Oueld Kablia et celui des Travaux publics, Amar Ghoul.

Heureusement qu’il ne peut rien contre la force de la nature qui a secoué son terrain par des affaissements rendant l’assiette de son terrain instable pour contenir plusieurs immeubles.

L’inquiétude a déjà gagné les souscripteurs qui ont déjà versé presque la totalité du prix de leur logement ou commerce malgré l’absence dans le dossier d’une pièce maîtresse et obligatoire, celle du certificat du fonds de garantie et de caution mutuelle de la promotion immobilière (FGCMPI). A suivre…


Mohamed Fawzi Gaïdi



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